10 années de Real Ventures

Demain nous allons célébrer le 10ième anniversaire de Real Ventures. Même si ça ne fait que trois années et demi que j’y suis comme associé, ça fait plus que dix ans que ça se prépare. Je vous partage ici un texte que j’avais publié dans le cadre du rapport de l’écosystème de startups de Montréal de 2016. Il est encore plus pertinent aujourd’hui qu’alors, je crois…

Je me souviens clairement de cette rencontre en 2006 avec ce gars qui venait d’emménager à Montréal. Il cherchait à intégrer la communauté startup, je lui ai suggéré d’aller prendre une bière pour en discuter. Je souriais en lui expliquant qu’on était une petite communauté, une courte liste de gens à rencontrer, mais avec un grand potentiel.

Il y avait beaucoup à faire. Nous étions en mode « bootstrap » pour bâtir cette communauté et organiser les meetups, les déjeuners, les inconférences et les soirées de pitch. L’énergie, la passion, l’authenticité étaient au rendez-vous. Il manquait la masse critique. Je blaguais en disant qu’il fallait une plus grande densité, et qu’une bonne manière de l’atteindre serait de comprimer toutes les startups dans un petit espace, et voilà! Il a ébauché sur serviette de table une série de cercles concentriques, en parlant d’osmose, de briser les silos et des effets de réseau.

Quelques mois plus tard, dans un hôtel au coin de Saint-Laurent et Sherbrooke, un rendez-vous informel de la communauté, en plein coeur de la ville. Une fin d’après-midi sur une terrasse, un de ces moments magique de Montréal. J’ai réalisé après un bout de temps que notre groupe était en fait assez gros, beaucoup plus que je ne l’aurais pensé, et également très diversifié.

Nous sommes allés visiter une maison de l’autre côté de la rue, un vieux bâtiment patrimonial qui était tellement délabré qu’on y tournait des films d’horreur. L’idée folle, la réalisation des croquis sur la serviette de table, était de créer un OSBL afin de catalyser la communauté startup montréalaise. La première étape serait d’acheter cette vieille maison et d’en faire « la maison du web », une maison pour l’ensemble des startups technologiques, passées, présentes et futures.

Nous envisagions un futur grandiose. On ne comprenait pas complètement à ce moment-là que ce serait un énorme projet qui coûterait plus cher que prévu et prendrait pas mal de temps avant d’être vraiment terminé… La fondation OSMO a été créée en 2007, et la Maison Notman officiellement inaugurée en juin 2014. Brad Feld a écrit de façon notoire qu’une communauté startup prend normalement vingt ans à se construire. En 2014, quand je suis revenu habiter à Montréal, j’avais le sentiment que nous avions parcouru à peu près la moitié du chemin.

Je n’arrivais pas à croire que mon bureau allait désormais être dans une salle de la Maison Notman où avaient eu lieu tant de meetups, d’événements, de cocktails et de conversations incroyables. John Stokes, la personne que j’avais rencontrée quelques années auparavant, était maintenant co-fondateur et associé chez Real Ventures, un fonds de capital de risque actif au niveau du « seed stage ». Alan Macintosh, aussi rencontré à travers le conseil d’administration de la fondation OSMO, y était également. Un accélérateur de startups avait été mis sur pied, et la maison était pleine de compagnies en devenir, d’entrepreneurs et de groupes de la communauté. Il semblait y avoir tellement plus d’événements qu’en 2006, et tellement plus de projets réellement en développement. C’est finalement le troisième partenaire de l’aventure, JS Cournoyer, qui m’a convaincu un soir à San Francisco, après quelques bières au légendaire Magnolia que je devrais les rencontrer à nouveau bientôt à Montréal… the rest is history comme on dit.

En m’appuyant sur des données souvent anecdotiques, je savais que des centaines de startups appliquaient à l’accélérateur, quelques milliers d’invidus participaient au Startupfest à Montréal durant l’été, et que le niveau de participation aux activités startups à travers la ville était élevé. Quelque chose d’important était en train de se produire. Par contre, je ne pouvais toujours pas répondre à une question clé qu’on me posait à chaque entrevue, à savoir le nombre de startups à Montréal. Et peut-être plus important encore : pourquoi cette activité importe-t-elle ? Est-ce vrai que la « nouvelle économie » devient tout simplement « l’économie » ?

Nous avions besoin de données. De bonnes données, validées et fiables. Une méthodologie sérieuse. Des résultats qu’on pourrait partager, critiquer, mettre en perspective. Nous avons collectivement décidé que nous devions appliquer la méthode qui semblait être si e fficace : le faire nous-mêmes. Tous ensemble. Par la communauté, pour la communauté.

Et c’est vraiment cette mission et cette passion, pour et par la communauté, avec de grandes ambitions, et une grande humilité, ce désir de bâtir, soutenir, rendre possible ces écosystèmes nécessaires pour que les entrepreneurs se déploient à grande ampleur qui m’a convaincu de rejoindre Real en 2014. Conviction que j’avais déjà, avec des gens avec qui j’avais déjà depuis des années établi des liens de confiances, et qui en sont resté dignes depuis 10 ans.

Très fier aujourd’hui de pouvoir faire équipe avec eux, et de maintenant m’exprimer au “nous” depuis plusieurs années, plusieurs années. Et ceci étant écrit, on en a encore pour une bonne dizaine d’années à continuer sur la même lancée. Ça ne fait que commencer!

Penser numérique. Principes premiers pour réfléchir la société en réseau.

Penser numérique. Principes premiers pour réfléchir la société en réseau.

J’ai bien apprécié vos commentaires et suggestions suite à la publication de mon dernier billet: gouvernance numérique pour une société en réseau. Je me rends bien compte que tout est dans les nuances. Votre apport m’aide à discerner mes angles morts.

Après avoir tenté de communiquer la perspective d’un acteur avec une culture internet (du réseau), ce que je tente d’accomplir ici est d’expliquer les fondements de ma réflexion. Pourquoi j’arrive à certaines conclusions qui ne sont peut-être pas si évidentes.

J’ai été invité à partager cette réflexion vendredi dernier auprès de l’équipe du nouveau ministère de l’économie, de la science et de l’innovation sous la ministre Dominique Anglade. J’ai cru bon prendre quelques notes pour me préparer, je vous partage ça ici.

Voici comment je résume le numérique. Je cadre ma réflexion en m’appuyant sur les trois vagues de Toffler.

  1. La vague agraire et des ressources naturelle: enjeux de production et d’accès
  2. La vague industrielle: enjeux additionnels de transformation et de distribution
  3. La vague de la connaissance: l’acquisition, le traitement et la diffusion de l’information comme moteur socio-économique

Il est important de comprendre que chaque vague s’ajoute à la précédente, elle ne la remplace pas complètement, c’est une multiplication, pas une soustraction. Le numérique est l’aboutissement systémique de la troisième vague: les ordinateurs, les données, internet, et tout ce qui s’ensuit, s’inscrit directement dans cette vague, l’amplifie et l’accélère.

Tandis qu’à l’ère des ressources naturelles, combinée à l’ère industrielle, la chaîne de valeur est principalement influencée par l’accès aux ressources ainsi qu’à leur transformation et distribution, à l’ère de la connaissance, les ressources numériques ont un coût marginal de reproduction ET de distribution. Ça change toute la  chaîne de valeur. Relire Bits and Atoms de Negroponte, publié en 1995 et Being Digital, publié il y a 20 ans, permet de considérer la vitesse à laquelle on intègre ces idées…

Les premières industries à souffrir le changement de la troisième vague ont étés celles ou la majorité de la valeur est créée par l’accès limité. Si l’accès, la reproduction et la distribution sont très faciles, ça change tout le modèle. On a ici des cas qui font aujourd’hui école: Google pour l’accès, Netflix pour la distribution. Je simplifie grandement, mais vous me suivez, n’est-ce pas?

La source principale de valeur à l’ère de la connaissance ce sont les cerveaux, les idées (et la capacité de les réaliser). Donc, c’est là qu’il faut investir le plus. C’est aussi là ou on a le plus grand déficit. C’est pour ça que la formule du plan nerd fonctionne si bien. Par opposition au plan nord qui ne se concentre que sur le paradigme des deux premières vagues, pas de la troisième.

À la question “où doit on investir” pour soutenir l’économie du 21ième siècle, je ne vois qu’une réponse évidente: en éducation! Les écoles, les universités, la  recherche et la formation continue sont les piliers du développement des cerveaux. On peut certainement imaginer de quelle manière l’éducation numérique ajoute à l’éducation classique, mais il n’en reste pas moins que sur le fond, c’est une priorité d’une évidence immense.

Ensuite, l’immigration. Ça mérite probablement un billet en soi, mais on va manquer de compétences dans plusieurs domaines, on ne pourra pas rattraper complètement notre retard, alors il faut complémenter. Et on est bon là dedans l’immigration, surtout si on se compare à la plupart des pays et régions de l’OCDE. Me semble, corrigez-moi si je me trompe.

Si les humains (et leurs cerveaux) sont la ressource première de l’économie (et la société) en réseau, si le savoir s’amplifie et s’accélère par le numérique, l’autre grande priorité c’est de prendre soin des humains. Bien prendre soin des tout-petits, des vieux, des malades, des poqués, des atypiques, de ceux en transition, de ceux qui  se cherchent, de ceux qui subissent les ressacs de la mondialisation et du changement de vague… Pas mal de tout le monde quoi. Ce sont les innovateurs et les entrepreneurs d’aujourd’hui.

Ensuite, de l’écosystème des startups, se permettre de se faire contaminer positivement avec cette culture d’expérimentation, d’itérations, de planification avec en tête un ajustement constant, agile plutôt que waterfall. Soutenir les PMEs parce qu’elles sont les éléments reconfigurables de l’assemblage nécessaire à l’ère de la société en réseau. Bombardier c’est un mainframe. Ça nous en prends quelques-uns, mais l’émergence et le renouveau ne viendra pas de là.

Considérer passer d’un système de plus à une économie du mieux. Parce que sans cesse plus, à terme, surtout sur des ressources limités, ça commence sérieusement à faire moins. Profiter du fait qu’en numérique, ré-utiliser c’est assez facile et peu coûteux. Logiciels libres, standards et données ouvertes. Ou mieux: publiques. Des investissements publics devraient générer des logiciels publics et des données publiques. C’est pas mal niaiseux que tout le monde profite des logiciels libres sauf les gouvernements. J’en ai déjà parlé longuement ailleurs. C’est aussi pas mal contre-intuitif de ne pas réutiliser (ou au moins partager) au ministère de la culture, de la santé et de l’éducation ce qu’on apprends et l’on développe au ministère de l’économie…

Finalement, dans mes notes éparses, j’ai cette notion de consultation publique. Parce que l’enjeu du passage à la société en réseau, parce que le numérique c’est tout, software is eating the world comme disait l’autre. On ne peut pas décider derrière portes closes, avec quelques acteurs invités, même si j’en suis, de ces enjeux d’une importance nationale. On parle bien ici d’assises nationales du numérique. Une consultation publique bi-directionnelle, pas pour écouter et faire taire, pour collaborer et profiter des forces vives du Québec en entier.

Parce qu’on doit se poser des questions difficiles. Ensemble. Par exemple: qu’est-ce que c’est l’industrie des TI(C) quand l’informatique est partout? Pourquoi on a un ministère des mines, un ministère des transports mais pas un ministère du réseau en 2016? L’accès au réseau c’est essentiel au 21ième siècle. Et de la même manière que la ligne électrique, téléphonique ou la route ne se serait pas rendue partout ou elle devait jadis sans une forte directive gouvernementale, ainsi en est-il du réseau “pas rentable” aujourd’hui, partout presque au Québec (même dans les grands centres urbains).

Je me dois de conclure ici pour l’instant, il se fait tard et j’écris sur du temps emprunté à ma nuit. Mais je vous reviens là dessus, parce que ça fait 20 ans que j’y pense et qu’on va passer les 20 prochaines années là dessus…

 

Du numérique au Québec, plan, programme ou principes?

Nous l’avions déclaré en 2012 avec les 13 étonné(e)s: le Québec était en retard. Qu’il était important d’agir rapidement. Sous un gouvernement péquiste, il nous semblait que le fait numérique n’était pas reconnu. J’écrivais à l’époque:

Ma vision des prochaines étapes passe par un manifeste et la formation d’un groupe qui est à la fois une mine de ressources et de créativité mais aussi un chien de garde et un veilleur. J’aime beaucoup la manière dont les différents groupes autour de l’ouverture des données à Québec, Montréal et ailleurs au Canada et dans le monde ont collaborés avec les administrations publiques pour faciliter la transition. Au lieu de juste se plaindre, on participe à régler le problème. C’est tout à fait l’éthique des logiciels libres et la culture internet. Il faut mettre en place une structure auto-portante et qui s’auto-organise pour qu’elle soit pérenne. Des manières de faire qui fonctionnent à 2-3 collaborateurs ou à 456 collaboratrices.

Ce n’est pas ce qui s’est passé. Mais de fil en aiguille, d’un gouvernement à un autre, question de timing ou d’opportunité, l’idée d’un plan nerd fait du chemin. Mais entre la citation et l’action, il y a tout un gouffre. Surtout pour des structures lourdes et traditionnelles comme les gouvernements. Lorsque que la semaine dernière le premier ministre Philippe Couillard, le ministre Jacques Daoust et le député André Fortin ont annoncé la création d’un groupe conseil et le lancement des consultations en économie numérique, on aurait pu conclure que “ça avance”. On a même annoncé des consultations publiques sur internet, début 26 octobre (je vous mets le liens quand je le trouve).

Marion Asselin a réagi rapidement avec un billet vendredi: Oubliez la stratégie numérique. Je ne suis pas toujours d’accord avec Mario, mais sa lecture de l’annonce en dit long sur sa perspective (on est loin de la coupe aux lèvres):

Moi qui pensais que nous étions dans une certaine urgence tant au niveau des conséquences sur l’emploi ou sur l’économie du fait de n’être absolument pas préparés à ce qui arrive… J’en tombe en bas de ma chaise!

Quand j’entends que le gouvernement veut «prendre son temps» treize mois après avoir promis un virage numérique, je comprends qu’il ne sait pas quoi faire et qu’il cherche comment procéder exactement. Ça donne ce que ça donne: des gestes isolés et des annonces à la pièce.

J’ai été invité à participer à ce groupe conseil (liste complète disponible) et j’ai accepté d’y participer malgré les problèmes connus de ce genre de processus (comme par exemple, l’absence d’économistes au sein du groupe, ou la combinaison de l’ampleur de la tâche et peu de temps pour y arriver afin d’avoir des recommandations pour le budget 2016, ça c’est d’ici la fin de l’année). J’ai une approche collaborative et constructive donc si on m’invite à participer, j’ai tendance à dire oui. Je considère que c’est plus facile à changer un système si on y participe et on le comprends, mentalité de hacker je suppose.

J’estime que l’équipe qui travaille le dossier au MEIE (Ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Exportation) a fait un bon travail de recensement de ce qui existe ailleurs. Nous avons révisé un document synthèse de d’une vingtaine de pages (qui sera public bientôt j’espère) pour évaluer si d’un point de vue économique le tour d’horizon était complet.

Table des matières, groupe de travail économie numérique du QuébecOn a eu 3 sessions de travail pour discuter de ce document, en fait en réviser le contenu. Mon plus grand problème avec ce processus, c’est qu’il est optimisé pour la mauvaise chose: discuter de ce qu’il y à dedans… Je suis certain que c’est une erreur d’y aller par secteur (économie, culture, éducation, santé) mais l’économie (via le ministre Daoust) a pris la pôle position notamment parce qu’ils étaient “un peu plus prêts que les autres” pour aller de l’avant (sauf la culture, qui a déjà annoncé un premier pan du programme et même la suite).

En fait, mon plus grand problème à discuter ce qui est dans le programme, c’est le processus pour discuter tout ce qui n’est pas dedans. Cette impression que “ça avance” mais avec quelque chose qui manque. Avec la conviction que l’approche sectorielle/traditionnelle ne va que renforcer les défauts de ce qu’on a déjà. Je crois que le groupe de travail actuel a quelques forces, mais beaucoup de faiblesses, parce que la représentativité est très classique et industrielle. Une de mes questions fondamentale: c’est quoi l’industrie des TIC si tous les secteurs d’activités sont touchés par les TIC? Si “le logiciel mange le monde” on n’a plus de représentation sectorielle spécifique…

J’ai l’impression que le processus en cours périlleux, on part de documentation/énoncés et on travaille ça petit morceau par petit morceau. C’est la meilleure manière de noyer le poisson. De passer à côté de l’essentiel.

On doit passer de l’étonnement, à l’indignation à la… résignation. Ça va être beaucoup, beaucoup de travail. Est-ce qu’on est prêt à y consacrer des centaines d’heures dans les prochaines années? Ça ne va pas se faire en bas de ça. On peut se demander comment on s’organise pour pouvoir y passer toutes les heures nécessaires sans que ça soit au détriment de ce qu’on doit faire d’autre dans la vie (au plan professionnel et personnel). Mais c’est une vocation pour moi, une mission. Je ne peux pas faire autrement.

Je vous déclare que je suis officiellement “post-plan”. On aurait dû avoir un plan, on ne l’a pas eu. Maintenant on va avoir un “programme”, ça ne va pas aller de soi. Je suis pas mal convaincu que le “P” sur lequel on doit travailler ce sont les “principes”. Sans ces principes directeurs, sans “direction” numérique, tout le reste du programme c’est de la poudre aux yeux ou du processus qui va nous prendre tout notre jus dans la conversation au lieu du progrès. Je veux éviter cette “trappe” parlementaire/politique. Je vais donc concentrer mes énergies à établir/énoncer les principes qui vont guider et accompagner tout le reste de la réflexion et de la mise en action.

En quelque sorte, autant que j’apprécie toutes les questions de Michel Cartier sur http://www.21siecle.com/ je crois que pour aller de l’avant, il faut prendre les questions et proposer des réponses. Les réponses ne seront pas parfaites, mais avec les bons principes, nous serons en mesure de les améliorer avec le temps. Ça sera donc ma quête cette semaine, arriver avec cette liste de principes, qui pourront servir à filtrer/trier/discuter des mesures à mettre en place. En anglais (et chez les geeks) on a ce principe de straw man proposal. Incomplet et possiblement faux, mais on commence avec ça pour amorcer la discussion pragmatique. 

Le défi majeur c’est que la culture numérique est itérative, et que les processus en place au gouvernement ne le sont pas. Il faut statuer d’avance pour que tout le reste de la machine puisse suivre, en modèle waterfall. Il n’y a presque plus personne qui suit ce modèle, mais c’est celui qui dicte le processus décisionnel des budgets, des décrets, des lois et des actions qui seront prises par le gouvernement du Québec en 2016. Je ne suis pas celui qui va hacker le processus, du moins pas cette année. C’est là mon dilemme.

Est-ce que je participe à un processus imparfait auquel je n’ai que peu d’impact? Ça me semble mieux que de ne pas y participer. Je crois aussi fermement que d’y participer ensemble, c’est à dire en public, par le biais de mes écrits et de mes conversations avec vous, ça ne va qu’améliorer le processus. Je prends la chance, c’est trop important.

Le “pourquoi” est tellement plus important que le “comment“. Faire du sens n’est pas facile (ou rapide). Avant de se faire remplacer par de l’intelligence artificielle, j’aimerais bien qu’on puisse démontrer notre intelligence humaine. Quoi que, le futur étant à court terme possiblement une combinaison des deux, j’aimerais au moins qu’on puisse mettre en place une logique aussi solide que celle des meilleurs programmes d’apprentissage machine. Que si une machine pensante venait à poser la question du “pourquoi“, on ne se retrouve pas avec une erreur 404 (pas trouvé de source) comme seule réponse…

Donc je vais travailler à établir cette liste de principes et la partager avec vous pour lire votre perspective. Pas si compliqué non plus, j’ai déjà plusieurs pistes: accès, réseaux, participation, collaboration, ouverture, soutien, renouveau, appropriation. Maîtres chez nous, version 21ème siècle. Après Hydro-Québec: Réseaux-Québec.

À suivre très bientôt.

 

Le plan nerd, version #ForumQc

Le texte de mon allocution de dimanche passé au Forum des idées pour le Québec.


 

Bonjour mon nom est Sylvain, je viens de l’internet.

J’ai écouté avec attention toutes les conférences cette fin de semaine, et je remercie M. Audet pour son tour d’horizon.

Mais je veux vous jaser d’internet 10 minutes avant d’ouvrir la conversation avec vous. L’internet, on pourrait dire que je suis tombé dedans quand j’étais petit.

Je suis né à Rimouski, mon père était programmeur-analyste chez Québec Téléphone.

J’ai toujours été nerd.

Avec des lunettes pis toute, premier dans le rang d’école, choisi dernier pour l’équipe de ballon chasseur.

Je vous raconte ça pour vous donner le contexte, j’ai grandi avec des ordinateurs, qu’on apprenait à programmer dans les magazines américains qu’on allait emprunter à la bibliothèque de Châteauguay.

Et cette idée de pouvoir “faire” des programmes, d’apprendre comment ça marche en les modifiants, en se rendant compte de ce qui ne marche pas aussi, ça m’est toujours resté.

En plus, je suis un curieux compusilf. Furieusement autodidacte.

Quand j’ai découvert internet au début des années 90, je n’en revenais pas.

Un livre qui n’avait pas de dernière page. Il y en avait toujours plus à lire.

Je suis de la culture des premiers hackers internet, ceux du MIT à Boston et du SAIL à Palo Alto.

C’est gens là étaient les plus brillants scientifiques de multiples domaines, qui ont gravité vers les “ordinateurs” pour résoudre les grands problèmes de l’humanité.

Et ces grands esprits (vous pouvez lire leur histoire “where the wizards stay up late”), ont appliqué la méthode scientifique à cette informatique émergente.

Pendant qu’il étaient en train d’inventer les bases du réseau des réseaux, il est arrivé une autre chose intéressante. Dans la Silicon Valley, comme on commençait à la nommer, un modèle d’investissement de capital privé se mettait en place, pour capitaliser (et commercialiser) les recherches, très souvent issues de fonds publics.

Saviez vous que le père du capital de risque moderne était un français? Georges Doriot. Vous lirez “Creative Capital”.

Et c’est cette combinaison extraordinaire qui a fait de la Silicon Valley ce qu’elle est, les entrepreneurs sont des scientifiques, des ingénieurs, soutenus par le capital intelligent (on espère).

Je vous raconte ça pour vous donner du contexte.

J’ai été travailler deux fois en Californie. Je suis revenu deux fois aussi. Je ne sais pas si jamais 2 sans 3 s’applique ici, seul le futur nous le dira.

Mais sans blague, si j’ai quitté San Francisco, ma deuxième ville préférée au monde, après Montréal, et si j’ai quitté Twitter, ou j’ai assez bien payé merci, on a même eu un IPO, si je suis avec vous ici ce matin c’est parce que je suis un hacker.

Hacker, dans le sens positif là. Et il n’y a rien de plus attirant pour un hacker qu’un système qu’il faut développer (et ou débugger).

Un hacker, ça jubile quand ça trouve un problème que tout le monde s’accorde pour dire qu’il est impossible à régler.

Vu que ça veut régler des problèmes impossibles à régler, ça prends tous les moyens nécessaires.

Entre autre, ça veut dire que ça demande à tout le monde, comment tu ferais ça toi? Pas parce que ce sont des socialistes aux cheveux longs, mais parce que ce problème là, il va le régler. Il a besoin des autres pour le régler. Le plus grande humilité intellectuelle commence avec “je ne sais pas”.

Pour manger tout un éléphant, on commence par une bouchée. Un hacker, ça divise les grands problèmes en plus petits problèmes. ÇA se fait une liste des “bugs” des trucs à régler. Ça tente de les reproduire.

Un bug qu’on ne peut pas reproduire, c’est un code 14 (entre la chaise et le clavier). Ça règle les bugs un par un.

Ça ajuste ça liste constamment, parce qu’on découvre en cours de route plein de choses qu’on avait pas imaginé.

C’est pour ça que c’est ridicule les évaluations des projets informatiques.

C’est comme demander, combien de temps ça prends pour construire un véhicule, ça coûte combien? Une trotinnette ou un F18?

Souvent quand on parle d’innovation, j’ai l’impression qu’on se dit que ça nous prends un “véhicule”…

Ça n’aide pas. Ça prends essentiellement une méthode.

C’est ça que j’ai appris depuis 20 ans, dans mes compagnies et chez Twitter, et c’est ce que j’enseigne à mes startups à FounderFuel.

350 compangies ont appliquées cet automne. On en a choisi 8. Beaucoup d’ailleurs. Qui veulent rester ici d’ailleurs. Ça montre l’intétêt.

Donc une méthode. Ça ce virus que je vais tenter de vous transmettre.

Faites attention, je suis un hacker, vous l’avez peut-être déjà sans le savoir 😉

Pourquoi Twitter, sérieusement qui l’aurait cru, pourquoi cette compagnie vaut maintenant 32 Milliard?

Elle optimise au maximum toute les méthodes des hackers pour créer une immense valeur à partir de rien.

Ben pas de rien, à partir de cellules grises. C’est super renouvellable en plus comme matière.

C’est pour ça que je parle de “Plan Nerd” plutôt que de “Plan Nord”.

L’ère industrielle et des ressources naturelles, c’était le 20ème siècle. Ça ne va pas disparaitre.

Mais il s’ajoute toute une couche additionnelle de valeur, Michelle Blanc avait de bons chiffres hier.

On ne peut pas ne pas profiter de cette nouvelle richesse.

Je disais hier à la blague, l’économie ça ne m’inquète pas.

Je n’en reviens pas qu’on donne tant d’efforts pour réduite les dépenses par rapport à augmenter les revenus. L’un n’exclut pas l’autre, je le sais bien, mais me semble qu’on pourrait au moins mettre des efforts égaux.

La mine qui va nous sortir du trou (ok, mauvaise métaphore), la matière première de l’ère du savoir, de la société en réseau, elle n’est pas dans le sol, elle est dans la tête des Québécois.

Et pis là, on est tous en réseau. Il faut apprendre à travailler ensemble. À collaborer. Sinon, on va passer à côté.

Sinon on va manquer la bateau et devenir un pays du tiers monde numérique.
Je ne veux pas ça. Vous non plus. Pis le bateau, il a déjà commencé à quitter le quai.

15% du 21ième siècle est déjà passé.

Alors j’ai besoin de vous. Comment on collabore ensemble?

Comment on fait la liste des “bugs” du Québec?

Est-ce qu’on les comprends. On les priorise.

On les règle un par un. Ensemble.

On se donne des métriques publiques. Redevabilité.

On se donne un plan, on décide ou on s’en va,

Et on commence à manger l’éléphant, une bouchée à la fois…

Merci.

Montréal.

Après avoir publié l’énigme du retour et le retour (ceci n’est pas une métaphore), je peux maintenant vous donner un peu plus de détails. J’ai aussi publié mon mot départ de Twitter (en anglais) si ça vous intréresse.

J’ai toujours été “de Montréal”, même au loin. Je savais que j’étais parti, “pour un temps”. Pas pour toujours. Pour moi, c’était une question d’aller vers l’avant, d’aller plus loin. Twitter aura été formidable. Ce que j’ai appris au cours des deux dernières années est inestimable. Les gens, les projets, la vision, l’exécution. À une échelle et une intensitée incroyable. Un IPO. Quand même.

Je me demandais, sérieusement, pourquoi et surtout comment je pourrais revenir à Montréal. Qu’est-ce qui pourrait bien me faire grandir, après Twitter? Je savais que j’avais la fibre des startups en moi, mais j’étais loin d’être certain que la suite serait de redémarrer une autre fois.

Et cette idée de multiplication, d’être plus méta qu’unique, d’être au niveau de l’écosystème, plus large, plus efficace probablement, d’avoir cette vision pluri et multi…

Je ne cherchais pas. Mais quand JS m’a demandé si je pensais pouvoir contribuer aux startups de Montréal, via l’extension de Real Ventures (fond 3), si je pouvais me projeter dans ce rôle, je dois avouer, il avait planté le germe, inoculé le virus de mon retour… On se connaît depuis des années. Je suis sur le conseil d’administration de la fondation OSMO avec Alan et  John, qui m’a pitché l’idée la maison Notman à peine quelques semaines après son arrivée à Montréal (en 2007), on ne savait pas encore que ça deviendrait, mais l’idée était déjà là…

Et quand j’ai combiné toutes mes années de co-fondateur (mettons 4 compagnies sur 10 ans), mon intérêt certain pour l’innovation et mon dévouement à cet écosystème, ma vision pour une société en réseau, pour un plan numérique pour le Québec, mes multiples implications dans le terreau fertiles (et alpha) des la technologie à Montréal (et ailleurs)… c’était juste trop beau pour ne pas être vrai. Du genre de truc qui se présente et qu’on ne peut pas manquer, qu’il ne faut pas laisser passer.

C’est donc avec grand plaisir que j’annonce mon retour à Montréal en septembre, comme associé chez Real Ventures et gestionnaire du programme FounderFuel. Très hâte de me replonger activement dans la scène Montréalaise des startups, de retrouver cette communauté, que je n’ai jamais vraiment quittée…

Le plan numérique: l’ère de la société en réseau

J’ai co-signé il y a quelques jours un texte publié par l’institut de gouvernance numérique. Fondé par Jean-François Gauthier (du collectif démocratie ouverte) et sous la co-présidence d’honneur de Michel Cartier et Claude Béland. L’organisme se donne comme premier projet une consultation pan-Québécoise qui culminera en avril 2014 par trois jours d’assises nationales du numérique.

J’ai décidé de m’associer à l’IGN entre autre parce que je suis convaincu que l’engagement civique est un devoir et un privilège. Ma motivation première est celle d’un appel au service du Québec, de nature patriotique au sens premier, celui de l’attachement de coeur et d’esprit à sa patrie. Mon exil californien, s’il m’éloigne géographiquement, contribue à approfondir ma réflexion sur la société en réseau, en général, et celle du Québec en particulier.

À l’automne dernier, suite à un appel de Claude Malaison qui me demandait si j’étais intéressé à faire partie d’un groupe de réflexion dans l’élan des conversations des dernières années pour un plan numérique québécois, nous avons entamé un exercice de collaboration et de consensus à 13 voix, ce qui n’est pas une mince affaire, surtout quand ce sont de grandes gueules avec de fortes opinions (j’en suis coupable, et fier). Ce groupe de réflexion a mené à la publication d’un rapport d’étonnement, mais de manière plus personnelle, à une prise de conscience du chemin à faire.

Je dois vous avouer que je n’aime pas le terme numérique. C’est probablement parce qu’il est flou et peut donc représenter un peu n’importe quoi. De la même manière qu’économique, philosophique ou artistique, l’adjectif peut se servir à toutes les sauces et en perdre sa saveur distinctive. Je préfère l’expression la société en réseau pour synthétiser les attributs culturels et moraux qui représentent ma compréhension des enjeux critiques auxquels la société Québécoise doit faire face. Mais numérique est bien pratique, il fait un certain consensus et permet de représenter, principalement par opposition à analogique, l’ensemble des impacts sociaux causés par l’informatique.

Numérique aussi comme étiquette de cette troisième vague, celle de l’information. C’est cette rupture, de l’ère industrielle à l’ère de l’information, qui fera déferler les tsunamis et trembler la terre. Les secousses sismiques sont déjà présente depuis des années, mais les effets prévisibles ne sont pas perceptibles à l’oeil néophyte de ceux qui n’y vivent pas au quotidien. C’est notre devoir de natif du numérique, ou du moins celui d’immigrants de la première heure, d’expliquer les courbes que nous décernons, des indices et des évidences, des intuitions et des convictions, de rendre visible et manifeste la réalité d’aujourd’hui et de demain.

Ce n’est pas là un acte divinatoire, c’est une perspective résultant de notre expérience, ce sont des évidences pour les habitants de la société en réseau. Comme la première tempête de neige à Montréal d’un nouvel arrivant qui aurait vécu toute sa vie en climat tropical, le choc est dans la migration, pas dans la destination. C’est normal pour ceux qui ont vécu tout leur vie en territoire nordique. C’est même réjouissant la neige. C’est amusant. Il faut certainement apprendre quelques réflexes hivernaux; on ne sort pas nu pied dehors pour aller chercher son journal sur le balcon (si on est abonné papier), on s’habille un peu mieux pour enfourcher son vélo (comme en ski de fond en fait) et on amène ses patins au lac, pas son maillot.

Ma participation à l’IGN c’est une des facettes de mon implication. Une des vraies questions, c’est après tout : pourquoi un plan numérique? Le numérique en soit, c’est neutre. Ma réflexion est loin d’être neutre. Je suis aussi impliqué dans un groupe de travail de Québec solidaire sur le numérique qui se pose la question du « pourquoi » et pas juste du « comment »…

J’ai participé à une première réunion du groupe de travail ce soir, ce qui a beaucoup aidé ma réflexion, permis de cristalliser une perspective solidaire du numérique. Faciliter l’accès au réseau, faciliter l’accès à l’information et l’accès au logiciel (libres idéalement). L’argent public devrait servir à l’accès public au réseau, à rendre l’information publique et aux logiciels publics. Si on ajoute la notion de justice et d’équité, on peux parler de solidarité numérique. C’est donc tout autant une question de valeurs, que d’idées, sinon plus.

J’ai co-signé il y a quelques jours un texte publié par l’institut de gouvernance numérique. Fondé par Jean-François Gauthier (du collectif démocratie ouverte) et sous la co-présidence d’honneur de Michel Cartier et Claude Béland. L’organisme se donne comme premier projet une consultation pan-Québécoise qui culminera en avril 2014 par trois jours d’assises nationales du numérique.

J’ai décidé de m’associer à l’IGN entre autre parce que je suis convaincu que l’engagement civique est un devoir et un privilège. Ma motivation première est celle d’un appel au service du Québec, de nature patriotique au sens premier, celui de l’attachement de coeur et d’esprit à sa patrie. Mon exil californien, s’il m’éloigne géographiquement, contribue à approfondir ma réflexion sur la société en réseau, en général, et celle du Québec en particulier.

À l’automne dernier, suite à un appel de Claude Malaison qui me demandait si j’étais intéressé à faire partie d’un groupe de réflexion dans l’élan des conversations des dernières années pour un plan numérique québécois, nous avons entamé un exercice de collaboration et de consensus à 13 voix, ce qui n’est pas une mince affaire, surtout quand ce sont de grandes gueules avec de fortes opinions (j’en suis coupable, et fier). Ce groupe de réflexion a mené à la publication d’un rapport d’étonnement, mais de manière plus personnelle, à une prise de conscience du chemin à faire.

Je dois vous avouer que je n’aime pas le terme numérique. C’est probablement parce qu’il est flou et peut donc représenter un peu n’importe quoi. De la même manière qu’économique, philosophique ou artistique, l’adjectif peut se servir à toutes les sauces et en perdre sa saveur distinctive. Je préfère l’expression la société en réseau pour synthétiser les attributs culturels et moraux qui représentent ma compréhension des enjeux critiques auxquels la société Québécoise doit faire face. Mais numérique est bien pratique, il fait un certain consensus et permet de représenter, principalement par opposition à analogique, l’ensemble des impacts sociaux causés par l’informatique.

Numérique aussi comme étiquette de cette troisième vague, celle de l’information. C’est cette rupture, de l’ère industrielle à l’ère de l’information, qui fera déferler les tsunamis et trembler la terre. Les secousses sismiques sont déjà présente depuis des années, mais les effets prévisibles ne sont pas perceptibles à l’oeil néophyte de ceux qui n’y vivent pas au quotidien. C’est notre devoir de natif du numérique, ou du moins celui d’immigrants de la première heure, d’expliquer les courbes que nous décernons, des indices et des évidences, des intuitions et des convictions, de rendre visible et manifeste la réalité d’aujourd’hui et de demain.

Ce n’est pas là un acte divinatoire, c’est une perspective résultant de notre expérience, ce sont des évidences pour les habitants de la société en réseau. Comme la première tempête de neige à Montréal d’un nouvel arrivant qui aurait vécu toute sa vie en climat tropical, le choc est dans la migration, pas dans la destination. C’est normal pour ceux qui ont vécu tout leur vie en territoire nordique. C’est même réjouissant la neige. C’est amusant. Il faut certainement apprendre quelques réflexes hivernaux; on ne sort pas nu pied dehors pour aller chercher son journal sur le balcon (si on est abonné papier), on s’habille un peu mieux pour enfourcher son vélo (comme en ski de fond en fait) et on amène ses patins au lac, pas son maillot.

Ma participation à l’IGN c’est une des facettes de mon implication. Une des vraies questions, c’est après tout : pourquoi un plan numérique? Le numérique en soit, c’est neutre. Ma réflexion est loin d’être neutre. Je suis aussi impliqué dans un groupe de travail de Québec solidaire sur le numérique qui se pose la question du « pourquoi » et pas juste du « comment »…

J’ai participé à une première réunion du groupe de travail ce soir, ce qui a beaucoup aidé ma réflexion, permis de cristalliser une perspective solidaire du numérique. Faciliter l’accès au réseau, faciliter l’accès à l’information et l’accès au logiciel (libres idéalement). L’argent public devrait servir à l’accès public au réseau, à rendre l’information publique et aux logiciels publics. Si on ajoute la notion de justice et d’équité, on peux parler de solidarité numérique. C’est donc tout autant une question de valeurs, que d’idées, sinon plus.

À lire aussi, mon billet précédent: Pourquoi un plan numérique pour le Québec?