Montréal.

Après avoir publié l’énigme du retour et le retour (ceci n’est pas une métaphore), je peux maintenant vous donner un peu plus de détails. J’ai aussi publié mon mot départ de Twitter (en anglais) si ça vous intréresse.

J’ai toujours été “de Montréal”, même au loin. Je savais que j’étais parti, “pour un temps”. Pas pour toujours. Pour moi, c’était une question d’aller vers l’avant, d’aller plus loin. Twitter aura été formidable. Ce que j’ai appris au cours des deux dernières années est inestimable. Les gens, les projets, la vision, l’exécution. À une échelle et une intensitée incroyable. Un IPO. Quand même.

Je me demandais, sérieusement, pourquoi et surtout comment je pourrais revenir à Montréal. Qu’est-ce qui pourrait bien me faire grandir, après Twitter? Je savais que j’avais la fibre des startups en moi, mais j’étais loin d’être certain que la suite serait de redémarrer une autre fois.

Et cette idée de multiplication, d’être plus méta qu’unique, d’être au niveau de l’écosystème, plus large, plus efficace probablement, d’avoir cette vision pluri et multi…

Je ne cherchais pas. Mais quand JS m’a demandé si je pensais pouvoir contribuer aux startups de Montréal, via l’extension de Real Ventures (fond 3), si je pouvais me projeter dans ce rôle, je dois avouer, il avait planté le germe, inoculé le virus de mon retour… On se connaît depuis des années. Je suis sur le conseil d’administration de la fondation OSMO avec Alan et  John, qui m’a pitché l’idée la maison Notman à peine quelques semaines après son arrivée à Montréal (en 2007), on ne savait pas encore que ça deviendrait, mais l’idée était déjà là…

Et quand j’ai combiné toutes mes années de co-fondateur (mettons 4 compagnies sur 10 ans), mon intérêt certain pour l’innovation et mon dévouement à cet écosystème, ma vision pour une société en réseau, pour un plan numérique pour le Québec, mes multiples implications dans le terreau fertiles (et alpha) des la technologie à Montréal (et ailleurs)… c’était juste trop beau pour ne pas être vrai. Du genre de truc qui se présente et qu’on ne peut pas manquer, qu’il ne faut pas laisser passer.

C’est donc avec grand plaisir que j’annonce mon retour à Montréal en septembre, comme associé chez Real Ventures et gestionnaire du programme FounderFuel. Très hâte de me replonger activement dans la scène Montréalaise des startups, de retrouver cette communauté, que je n’ai jamais vraiment quittée…

Amazon FireHD Product in 14 Tweets

The text-only version was a bit boring. Here it is in full Tweet HD.

Le plan numérique: l’ère de la société en réseau

J’ai co-signé il y a quelques jours un texte publié par l’institut de gouvernance numérique. Fondé par Jean-François Gauthier (du collectif démocratie ouverte) et sous la co-présidence d’honneur de Michel Cartier et Claude Béland. L’organisme se donne comme premier projet une consultation pan-Québécoise qui culminera en avril 2014 par trois jours d’assises nationales du numérique.

J’ai décidé de m’associer à l’IGN entre autre parce que je suis convaincu que l’engagement civique est un devoir et un privilège. Ma motivation première est celle d’un appel au service du Québec, de nature patriotique au sens premier, celui de l’attachement de coeur et d’esprit à sa patrie. Mon exil californien, s’il m’éloigne géographiquement, contribue à approfondir ma réflexion sur la société en réseau, en général, et celle du Québec en particulier.

À l’automne dernier, suite à un appel de Claude Malaison qui me demandait si j’étais intéressé à faire partie d’un groupe de réflexion dans l’élan des conversations des dernières années pour un plan numérique québécois, nous avons entamé un exercice de collaboration et de consensus à 13 voix, ce qui n’est pas une mince affaire, surtout quand ce sont de grandes gueules avec de fortes opinions (j’en suis coupable, et fier). Ce groupe de réflexion a mené à la publication d’un rapport d’étonnement, mais de manière plus personnelle, à une prise de conscience du chemin à faire.

Je dois vous avouer que je n’aime pas le terme numérique. C’est probablement parce qu’il est flou et peut donc représenter un peu n’importe quoi. De la même manière qu’économique, philosophique ou artistique, l’adjectif peut se servir à toutes les sauces et en perdre sa saveur distinctive. Je préfère l’expression la société en réseau pour synthétiser les attributs culturels et moraux qui représentent ma compréhension des enjeux critiques auxquels la société Québécoise doit faire face. Mais numérique est bien pratique, il fait un certain consensus et permet de représenter, principalement par opposition à analogique, l’ensemble des impacts sociaux causés par l’informatique.

Numérique aussi comme étiquette de cette troisième vague, celle de l’information. C’est cette rupture, de l’ère industrielle à l’ère de l’information, qui fera déferler les tsunamis et trembler la terre. Les secousses sismiques sont déjà présente depuis des années, mais les effets prévisibles ne sont pas perceptibles à l’oeil néophyte de ceux qui n’y vivent pas au quotidien. C’est notre devoir de natif du numérique, ou du moins celui d’immigrants de la première heure, d’expliquer les courbes que nous décernons, des indices et des évidences, des intuitions et des convictions, de rendre visible et manifeste la réalité d’aujourd’hui et de demain.

Ce n’est pas là un acte divinatoire, c’est une perspective résultant de notre expérience, ce sont des évidences pour les habitants de la société en réseau. Comme la première tempête de neige à Montréal d’un nouvel arrivant qui aurait vécu toute sa vie en climat tropical, le choc est dans la migration, pas dans la destination. C’est normal pour ceux qui ont vécu tout leur vie en territoire nordique. C’est même réjouissant la neige. C’est amusant. Il faut certainement apprendre quelques réflexes hivernaux; on ne sort pas nu pied dehors pour aller chercher son journal sur le balcon (si on est abonné papier), on s’habille un peu mieux pour enfourcher son vélo (comme en ski de fond en fait) et on amène ses patins au lac, pas son maillot.

Ma participation à l’IGN c’est une des facettes de mon implication. Une des vraies questions, c’est après tout : pourquoi un plan numérique? Le numérique en soit, c’est neutre. Ma réflexion est loin d’être neutre. Je suis aussi impliqué dans un groupe de travail de Québec solidaire sur le numérique qui se pose la question du « pourquoi » et pas juste du « comment »…

J’ai participé à une première réunion du groupe de travail ce soir, ce qui a beaucoup aidé ma réflexion, permis de cristalliser une perspective solidaire du numérique. Faciliter l’accès au réseau, faciliter l’accès à l’information et l’accès au logiciel (libres idéalement). L’argent public devrait servir à l’accès public au réseau, à rendre l’information publique et aux logiciels publics. Si on ajoute la notion de justice et d’équité, on peux parler de solidarité numérique. C’est donc tout autant une question de valeurs, que d’idées, sinon plus.

J’ai co-signé il y a quelques jours un texte publié par l’institut de gouvernance numérique. Fondé par Jean-François Gauthier (du collectif démocratie ouverte) et sous la co-présidence d’honneur de Michel Cartier et Claude Béland. L’organisme se donne comme premier projet une consultation pan-Québécoise qui culminera en avril 2014 par trois jours d’assises nationales du numérique.

J’ai décidé de m’associer à l’IGN entre autre parce que je suis convaincu que l’engagement civique est un devoir et un privilège. Ma motivation première est celle d’un appel au service du Québec, de nature patriotique au sens premier, celui de l’attachement de coeur et d’esprit à sa patrie. Mon exil californien, s’il m’éloigne géographiquement, contribue à approfondir ma réflexion sur la société en réseau, en général, et celle du Québec en particulier.

À l’automne dernier, suite à un appel de Claude Malaison qui me demandait si j’étais intéressé à faire partie d’un groupe de réflexion dans l’élan des conversations des dernières années pour un plan numérique québécois, nous avons entamé un exercice de collaboration et de consensus à 13 voix, ce qui n’est pas une mince affaire, surtout quand ce sont de grandes gueules avec de fortes opinions (j’en suis coupable, et fier). Ce groupe de réflexion a mené à la publication d’un rapport d’étonnement, mais de manière plus personnelle, à une prise de conscience du chemin à faire.

Je dois vous avouer que je n’aime pas le terme numérique. C’est probablement parce qu’il est flou et peut donc représenter un peu n’importe quoi. De la même manière qu’économique, philosophique ou artistique, l’adjectif peut se servir à toutes les sauces et en perdre sa saveur distinctive. Je préfère l’expression la société en réseau pour synthétiser les attributs culturels et moraux qui représentent ma compréhension des enjeux critiques auxquels la société Québécoise doit faire face. Mais numérique est bien pratique, il fait un certain consensus et permet de représenter, principalement par opposition à analogique, l’ensemble des impacts sociaux causés par l’informatique.

Numérique aussi comme étiquette de cette troisième vague, celle de l’information. C’est cette rupture, de l’ère industrielle à l’ère de l’information, qui fera déferler les tsunamis et trembler la terre. Les secousses sismiques sont déjà présente depuis des années, mais les effets prévisibles ne sont pas perceptibles à l’oeil néophyte de ceux qui n’y vivent pas au quotidien. C’est notre devoir de natif du numérique, ou du moins celui d’immigrants de la première heure, d’expliquer les courbes que nous décernons, des indices et des évidences, des intuitions et des convictions, de rendre visible et manifeste la réalité d’aujourd’hui et de demain.

Ce n’est pas là un acte divinatoire, c’est une perspective résultant de notre expérience, ce sont des évidences pour les habitants de la société en réseau. Comme la première tempête de neige à Montréal d’un nouvel arrivant qui aurait vécu toute sa vie en climat tropical, le choc est dans la migration, pas dans la destination. C’est normal pour ceux qui ont vécu tout leur vie en territoire nordique. C’est même réjouissant la neige. C’est amusant. Il faut certainement apprendre quelques réflexes hivernaux; on ne sort pas nu pied dehors pour aller chercher son journal sur le balcon (si on est abonné papier), on s’habille un peu mieux pour enfourcher son vélo (comme en ski de fond en fait) et on amène ses patins au lac, pas son maillot.

Ma participation à l’IGN c’est une des facettes de mon implication. Une des vraies questions, c’est après tout : pourquoi un plan numérique? Le numérique en soit, c’est neutre. Ma réflexion est loin d’être neutre. Je suis aussi impliqué dans un groupe de travail de Québec solidaire sur le numérique qui se pose la question du « pourquoi » et pas juste du « comment »…

J’ai participé à une première réunion du groupe de travail ce soir, ce qui a beaucoup aidé ma réflexion, permis de cristalliser une perspective solidaire du numérique. Faciliter l’accès au réseau, faciliter l’accès à l’information et l’accès au logiciel (libres idéalement). L’argent public devrait servir à l’accès public au réseau, à rendre l’information publique et aux logiciels publics. Si on ajoute la notion de justice et d’équité, on peux parler de solidarité numérique. C’est donc tout autant une question de valeurs, que d’idées, sinon plus.

À lire aussi, mon billet précédent: Pourquoi un plan numérique pour le Québec?

Pourquoi un plan numérique pour le Québec?

Au début du mois de septembre 2012, suite à quelques appels et courriels, nous [1] avons décidé que le moment était opportun pour se rassembler autour d’une réflexion pour un plan numérique pour le Québec. L’idée est dans l’air depuis quelques années [2] et il nous semblait qu’après la tenu d’un GouvCamp [3], d’une journée consacrée au OpenGouv et d’un panel sur la démocratie ouverte à Webcom [4], de nombreux appels à la mobilisation [5] et même de l’étiquette “Plan Nerd” [6] pour relancer le débat, on avait assez de matière concrète pour faire avancer les choses.

Un paratonnerre

Entre vous et moi, pour l’instant, si on voulait écrire la page wikipédia avec la définition exacte de ce que c’est un plan numérique pour le Québec, on aurait beaucoup de difficulté. C’est une idée, un concept, une étiquette. Si on voulait être négatif, on dirait que c’est un fourre-tout. Mais c’est plutôt un paratonnerre. Nommer les choses, c’est se donner les moyen d’en parler. De se permettre de les définir. D’en préciser les contours. C’est un des exercices les plus important quand on fait l’architecture d’un système en informatique. C’est un des mécanisme les plus puissant dans la construction sociale. Nommer c’est déclarer, c’est prendre possession.

Un exercice de mise en commun

L’aspect le plus important de ce processus, c’est de permettre la discussion en public de ce que ça pourrait être un plan numérique pour le Québec. C’est un slogan tout autant qu’une étiquette. C’est le “maître chez nous” de la société en réseau du 21ième siècle. C’est le “vive le Québec libre” de l’ère internet. C’est le déploiement d’un meme dans les médias, qu’ils soient traditionnels, nouveaux, sociaux et/ou tout ça à la fois. C’est un hack culturel. C’est l’inoculation d’un virus sous forme d’idée. C’est un poteau sur lequel se font coller tous les tracts et affiches de propagande, de publicité, de manifestation et d’avis de chien perdu. C’est une conversation de bistro, à la grandeur de la province et du monde.

Une manière d’encadrer ma réflexion

C’est aussi un moyen de me faire écrire à 23h13, heure de San Francisco, quand j’aurais d’autre choses à faire (genre dormir)… mais que là, c’est trop important. On s’est commis ensemble et ensemble on est pas mal meilleurs que tout seul. Ce n’est pas juste mon côté socialiste qui dit ça, c’est un des hommes les plus puissants de la planète internet et informatique. Non, pas Bill Gates. Ni Steve Jobs. Linus Torvalds: avec assez de paires d’yeux, aucun problème n’est trop difficile (traduction très libre de ma part de with enough eyeballs, all bugs are shallow [7]). Qu’est-ce qui arrive quand les gens ont les moyens de faire des choses ensemble, sans (nécessairement dépendre des) structures organisationnelles traditionnelles[10]?

Faire ensemble

Certains vont déclarer que cette proposition est utopique. Ces gens n’ont jamais travaillé dans le domaine des startups internet. Quel système d’opération est utilisé par Google, Amazon, Facebook, Twitter? Pas celui de Steve ou de Bill. Celui de Linus. Mais avec un x, Linux. Comment est-ce qu’il en est arrivé là? Il a repris les meilleures idées des grands penseurs (et surtout) faiseurs (programmeurs) de la culture UNIX[8], de Berkeley en Californie au MIT à Boston. S’est approprié ces idées, de son université à Helsinki, pour créer un système d’opération. Mais surtout, il a décidé d’inviter tout le monde (via internet)à contribuer à son projet. Un hurluberlu nommé Richard Stallman avait codifié un contrat social mais pour les logiciels. Et Torvalds a pragmatiquement décidé que c’était une excellente idée de l’appliquer à Linux.

Pendant ce temps, en Suisse, au CERN[9], un autre nerd au grand coeur, assoiffé de science et de progrès, collabore à inventer un langage pour partager des documents de recherches et mettre en réseau les différents serveurs des universités et centres de recherche. Le protocole HTTP et le langage HTML sont nés. Ce sont encore ceux-ci qui rendent l’internet possible aujourd’hui (je simplifie beaucoup, ce ne sont pas les ressources détailles qui manquent).L’autre grande contribution de Linus Torvalds, moins connue mais toute aussi pragmatique et importante est l’invention d’un système de collaboration à grande échelle qui permet de gérer les différentes versions et de les intégrer ensemble: GIT. C’est le mécanisme sur lequel le plus important réseau social de développeurs de logiciels libres est fondé: Github.

Faire mieux

Je vous ai fait faire un petit détour historique et géographique, mais ce n’est pour mieux revenir au Québec. Même pour un instant entre mes deux oreilles, si vous me le permettez. Parce qu’entre vous et moi, parfois j’ai envie de laisser tomber cette idée. Mais elle m’obsède. Je ne sais pas pourquoi, ni comment, mais j’ai toujours eu cette cette obsession: être meilleur. Pas dans le sens compétitif de meilleur que l’autre mais un meilleur moi. De faire mieux. De ne pas accepter la situation présente comme une finalité, mais comme un point de départ vers un autre possible. Peut-être que c’était juste l’air du temps autour de moi dans les années soixante-dix.

Peut-être que c’est le mélange science-fiction et musique d’hippies. Avec ce mieux aussi, ce fier. Et ce nous. Qu’on pouvait être complémentaires. Que peut-être qu’ensemble, on avait plus de chances. Je dis ça comme si c’était facile mais non. C’est beaucoup plus de travail de bien faire les choses ensemble. Mais ça donne de plus grands résultats. Plus durables aussi. Je rêve de ça. J’ai espoir qu’on sache apprendre à faire de grandes choses ensembles. Peut-être en commençant par en faire des petites pour se pratiquer. Pour voir c’est comment d’écrire un texte à plusieurs et d’arriver à un consensus. De brasser des idées et d’arriver à quelques pistes.

Comment faire bouger les choses dans la bonne direction

Je ne sais pas comment ça va se passer. Je sais qu’on veut avancer. Je sais que de travailler à plusieurs ça demande des compromis. Je pense qu’on va avoir besoin de déclarer certains principes pour s’entendre sur l’essence. C’est culturel et économique, social et technologique. Mais surtout culturel, dans le sens de “cultiver”. Je sais pour en pratiquer l’art et la science, qu’une bonne carte, un bon plan d’où ou veut aller et les moyens de s’y rendre ça rends les grandes idées concrètes. Que de tracer le chemin et de planifier la route, à la manière des coureurs de bois ou des geeks nomades, de vraiment vouloir se rendre, ça place les priorités à la bonne place. Je suis certain que de répertorier les idées c’est bien mais qu’on en a déjà pas mal. Là n’est pas le défi.

On a plus besoin de capitaines de bateau que d’idées d’îles aux trésors. Vous aurez remarqué que j’ai spécifié “des capitaines” et pas “un amiral”. Je suis plus de l’école des “pirates” que de celle de la flottille militaire. Plusieurs petits bateau en eau peu profonde pour explorer. Quand même tous connectés par internet, on est en 2012. Carnet de blogue sur internet plutôt que carnet de bord en papier. Collaboration. Échange. Transparence. Ouverture. De biens grands mots, mais des principes qu’on retrouve dans tous les traités moderne d’innovation aux sein des entreprises à succès comme des mouvements sociaux qui ont un impact aujourd’hui. Il faut apprendre à travailler autrement. À réussir à faire des courtepointes à plusieurs plutôt que des soliloques. Plus cercle des fermières que Nelligan. Du moins, pas l’un sans l’autre.

Ce n’est qu’un début.

On commence avec un plan. Avec des idées, un remue-méninge en public sur internet. Pour ma part, je ne sais pas ou notre groupe va aller. On a tous des perspectives différentes sur les priorités et sur la manière d’avancer. Par contre, on est tous d’accord que le statu quo et l’immobilisme du Québec ces dernières années nous ont fait du tort, collectivement comme société et comme économie. Ma contribution sera probablement similaire à celle à d’autres mouvement techno/culturels/communautaires dans lesquels j’ai participé, comme FACIL, Ile Sans Fil, Alliance Numérique et plus récemment la fondation OSMO pour le projet de la maison Notman.

Ma vision des prochaines étapes passe par un manifeste et la formation d’un groupe qui est à la fois une mine de ressources et de créativité mais aussi un chien de garde et un veilleur. J’aime beaucoup la manière dont les différents groupes autour de l’ouverture des données à Québec, Montréal et ailleurs au Canada et dans le monde ont collaborés avec les administrations publiques pour faciliter la transition. Au lieu de juste se plaindre, on participe à régler le problème. C’est tout à fait l’éthique des logiciels libres et la culture internet. Il faut mettre en place une structure auto-portante et qui s’auto-organise pour qu’elle soit pérenne. Des manières de faire qui fonctionnent à 2-3 collaborateurs ou à 456 collaboratrices.

C’est possible. On sait comment faire. Il ne reste qu’à le faire.

Notes et hyperliens complémentaires

[1]: “groupe de travail bénévole” http://www.afroginthevalley.com/en/2012/09/groupe-de-travail-plan-numerique-quebec/

[2]: “mon premier article avec l’étiquette #PlanQc” https://pinboard.in/u:afroginthevalley/b:f3313253826e

[3]: “GouvCamp” http://www.gouvcamp.org/

[4]: “Panel sur la démocratie ouvert à Webcom” http://www.afroginthevalley.com/fr/2012/05/democratie-ouverte-webcom/

[5]: “Plan Numérique Québec” http://plannumerique.qc.ca/

[6]: “Le Plan Nerd?” http://www.afroginthevalley.com/fr/2011/10/plan-nerd/

[7]: “Linus’ Law” http://en.wikipedia.org/wiki/Linus’_Law

[8]: “Wikipedia:UNIX” http://fr.wikipedia.org/wiki/Unix

[9]: “Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire” http://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_europ%C3%A9enne_pour_la_recherche_nucl%C3%A9aire

[10]: “Here Comes Everybody “http://en.wikipedia.org/wiki/Here_Comes_Everybody

[11]: “La Java du Plan Numérique” http://www.afroginthevalley.com/fr/2009/03/la-java-du-plan-numerique/

[12]: “Être de gauche et pour l’entrepreneuriat techno” http://www.afroginthevalley.com/fr/2012/02/etre-de-gauche-et-pour-entrepreneuriat-technologique/

[13]: “Hacker la société” http://www.afroginthevalley.com/fr/2011/12/quoi-de-mieux-que-la-societe-au-complet-comme-systeme-a-hacker/

[14]: “La collaboration comme moteur d’innovation” http://www.afroginthevalley.com/fr/2011/11/la-collaboration-comme-moteur-dinnovation/

[15]: “Tous mes liens #PlanQc” https://pinboard.in/u:afroginthevalley/t:planqc/

[16]: “Communautique et le plan numérique” http://www.communautique.qc.ca/reflexion-et-enjeux/internet-citoyen/manifeste-plan-numerique.html

[17]: “Constellation W, préambule” http://www.constellationw.com/fr/pr%C3%A9ambule

[18]: “#PlanQc historique du mot-clic” http://topsy.com/s/planqc

[19]: “PlanQc archives des conversations” http://twitoaster.com/search/all/conversations/planqc/

La source de ce document est disponible à https://github.com/PlanQc/reflexion/blob/master/planqc-reflexion-sylvaincarle.md

Préambule de plan, introspection et salon à San Francisco

Je souffre de cette incapacité à raconter ce qui est important de manière prompte. J’ai presque envie de vous dire que c’est mon blogue et que c’est mon droit. Mais alors c’est à vous de décider de me lire.

Je vais vous demander d’être patient. Je vais faire quelques détours pour vous raconter d’où je viens pour accompagner ma réflexion sur où on devrait aller (collectivement). Dans le cadre de mon implication dans un groupe de travail pour un “plan numérique pour le Québec” mais plus largement dans le champs idéologique qui j’espère va nous permettre de devenir quelque chose comme un grand peuple. Si René Lévesque avait entamé son métier de journaliste au 21ième siècle, il aurait eu un compte Twitter et un blogue… Si Jean Lesage avait eu un mandat 50 ans plus tard, il aurait discouru d’internet et pas d’électricité. Voilà.

Ce soir, de mon salon à San Francisco, je pourrais vraiment avoir l’air d’un fan des Giants, à lire mes messages sur Twitter et Facebook (commencé à écrire ce billet dimanche passé). Mais non. C’est du mimétisme. Je ne suis pas profondément fan de sport. Même que j’ai toujours été relativement mauvais aux sports d’équipes, autant pour jouer que pour écouter. Toujours choisi dernier au ballon chasseur. Je suis un nerd. Toujours préféré lire un livre que de jouer dehors ou confronter mes semblables sur un thème hormonal.

Je vous écris ça comme ça, sans gêne, maintenant, mais il n’en a pas toujours été ainsi. J’ai dû apprivoiser ce que c’était d’être plus intelligent que fort. Pas que je ne soit pas niaiseux, ça m’arrive aussi. Mais disons que dès un très jeune age, il était clair que mon QI serait toujours meilleur que mon BMI. Les héros de mon enfance avaient tous un super pouvoir qui venait décupler leur force, leur rapidité, leur intelligence. Pas moi.

Je ne sais pas pourquoi, ni comment, mais j’ai toujours eu cette idée, ce virus, d’être meilleur. Pas dans le sens compétitif de “meilleur que l’autre” mais “un meilleur moi”. De faire mieux. De ne pas accepter la situation présente comme une finalité, mais comme un point de départ vers un autre possible. Peut-être que c’était juste l’air du temps autour de moi dans les années soixante-dix. Peut-être que c’est le mélange science-fiction et musique d’hippies.

Avec ce “mieux” aussi, ce “fier”. Et ce “nous”. C’était dans l’eau ou dans le kool-aid. En tout cas. J’ai compris que le gars qui était le chef d’équipe au ballon chasseur c’était aussi celui qui avait besoin d’aide avec ses devoirs. Que mon manque et le sien pouvait être complémentaires. Que peut-être qu’ensemble, on avait plus de chances. Je dis ça comme si c’était parfait mais non. Beaucoup de solitude devant un écran à cet age, déjà. Beaucoup de partage aussi. Première génération jeu vidéo (Atari) et ordinateur personnel à la maison (un clone d’Apple IIe).

Et si on accélère la trame du film de cette vie, parce qu’on peut (et que sinon c’est interminable, quand même) et qu’on fast-forward les années quatre-vingt (meilleur souvenir: le skateboard, D&D, le BASIC, les mixtapes sur cassettes et les VHS) et les années quatre-vingt-dix (le grunge, le modem, Photoshop, le HTML et les ordinateurs en réseau)… on se retrouve au 21ième siècle. Après le “bug de l’an 2000″ là. Avec un téléphone dans la poche (pas encore intelligent) et la découverte de la culture internet et de celle des logiciels libres, pragmatiquement à sa source.

Ce soir, dans mon salon à San Francisco, sur le réseau avec vous, j’aimerais vous citer cette présentation de Tim O’Reilly (http://www.slideshare.net/timoreilly/language-is-a-map-pdf-with-notes/) qui m’est chère parce qu’en plus d’être un geek de naissance, j’ai étudié en littérature pendant quelques années. Il cite Edwin Schlossberg (que je traduit librement): “L’art de l’écriture est de créer un contexte pour permettre la réflexion”… Et je découvre sa perspective sur le language et sa manière de l’appliquer aux logiciels libres pour repenser, re-contextualiser, re-diffuser, révolutionner l’informatique.

Ce hasard heureux, sérendipité comme le nomment certains, cette émergence, cette étincelle sur le réseau qui s’est retrouvée dans mon champs de vision et de réflexion, illustre parfaitement mon cheminement au sujet de cette intelligence collective, de la co-construction, de la collaboration comme méthode (et philosophie) dudit 21ième siècle. Ce n’est pas qu’une histoire américaine. Elle se retrouve dans la nouvelle constitution de l’Islande, dans la dernière directive de la France, dans les meilleurs efforts Britanniques et dans les politiques culturelles Brésiliennes. Ma fibre de citoyen du monde et mon identité de Québécois vibrent en harmonie.

Ça fait maitenant 10 ans que j’ai pris ce bâton de pèlerin, que je prêche (un peu) dans le désert les vertues pragmatiques de l’open source. Du dévelloppement collaboratif. De la mutualisation. Que je cherche, creuse, lit, recherche, accumule, considère, re-considère. Que je partage, j’échange, je contribue, j’écoute, je rends possible, je réseaute, je pense, je repense. Je suis maintenant certain d’être surhumain, augmenté par le réseau. Pas invincible, pas supérieur, pas inéluctable. Mais reconnu, challengé, aiguisé. Comme le fer qui aiguise le fer. Confiant. Sharp.

Mon préambule est si long. Je vais l’éditer quarante fois en trois jours. Je vais le ré-écrire en 42 messages twitter au lieu de tous ces paragraphes. Pas vraiment (peut-être). J’y arrive, soyez patient (comme si vous aviez le choix). Je sais que plus court c’est mieux. Sommaire exécutif. TL;DR. Etc. Mais je suis né de poésie et de mots. De manifestes et d’insurrection. Plus #occupy que rapport annuel. Plus communautaire que business. Plus social qu’affaires. Pas que je ne sache pas “hacker” l’économie et l’entrepeneurship (ça serait bien mal me connaître). Mais je majeure en socialisme avant ma mineur en capitalisme, pour sûr.

Aujourd’hui, peut-être parce que j’ai quarante ans. Peut-être parce que de vivre à l’extérieur du Québec pour un bout de temps, peut-être parce que la distance force le recul. Probablement parce que je sens que c’est “maintenant ou jamais”. J’écoute du Paul Piché par YouTube. Quand même. J’aimerais savoir ce qu’il en pense. Aussi Dédé en entrevue par Patrice Lécuyer. Des grands pans de mémoire de mon Québec, de mon héritage, préservé presque par hasard sur un site Américain. Être ailleurs, ça vous rebranche sur l’essentiel de manière presque violente. Se définir par la différence, ça replace l’essence.

Ce soir, dans mon salon à San Francisco, j’aimerais vous faire comprendre à quel point je suis si loin mais si près. J’aimerais vous raconter de quelle manière tout ce que j’apprends alleurs c’est pour ramener à la maison. J’ai réussi à écrire le premier jet de ma réflexion sur un plan numérique pour le Québec. Mais pas ici. Ça viendra. Je vous partage ça, lundi sûrement. Ça traîne quelque part sur Github, si vous savez comment chercher, vous trouverez ma version tout croche avec des fautes et pas assez d’hyperliens à mon goût. Tout cela n’était qu’un préambule.

Notman, OSMO, Real Ventures et moi (et vous). Support Notman House!

J’ai beaucoup de choses à vous raconter. Mais aujourd’hui je vais me concentrer sur un sujet en particulier: la maison Notman, un projet de la fondation OSMO.

Premièrement, si vous vivez en dessous d’une roche ou que par hasard je ne vous ai pas assez tweeté, facebooké ou courriellé sur la présente campagne de socio-financement du projet Notman, voici par la magie des iframes, un récapitulatif de la campagne en cours (à droite) et un vidéo (ci bas).

Sommaire exécutif (TL;DR): C’est vraiment difficile de bootstrapper un OSBL comme un startup, ça prends des individus qui s’y donnent à fond et ce sont ces individus qui donnent le ton, mais ça ne fait pas pour autant d’un projet communautaire un projet corporatif. Il me semble que c’est assez simple, mais il se pourrait aussi que l’esprit de collaboration et d’entraide qui nous habite soit moins répandu que j’aurais espéré…

On a besoin de votre aide (par ici pour supporter la cause)!

C’est justement ça le sujet de mon billet d’aujourd’hui. On. A. Besoin. De. Votre. Aide. Tout simple.

Mais j’ai un problème. En fait pas moi. Mais ça me concerne. Je vous partage ça à chaud, là. Aujourd’hui, je me suis fait dire (sur facebook, ou d’autre, et même deux fois) que le projet de la maison Notman c’était un projet d’un OSBL “louche” et/ou “sombre” et qui n’était pas vraiment un projet de communauté. J’ai failli péter une coche. J’ai répliqué texto, deux points j’ouvre les guillements, je me cite moi-même:

“Sombre OBNL? Une chance que j’ai mon filtre à profanité d’activé sur mon cerveau parce que ce qui s’en allait vers mes doigts pour le clavier c’était pas ben beau… Sérieusement, est-ce que quelqu’un a vraiment des problèmes à contacter OSMO pour éclaircir certains points?”

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Il y avait d’autres détails et d’autres discussions, et puis je n’avais pas trop envie d’être sur facebook parce que le président de twitter n’arrête pas de passer en arrière de moi et que j’ai l’air pas sérieux quand j’ai facebook d’ouvert sur mon écran de même, mettons, et que je n’ai pas vraiment envie d’expliquer toute la politique et les efforts et que si d’autres trouvent que ce n’est pas un bon projet, je vais m’en caaaaaalisser et toute leur dire de manger de la maaaaarde (sur un air de Lisa Leblanc) et que je vais bien faire mes affaires comme je veux je ne dois rien à personne, estie.

Mais non. Comme le disait un ami sage qui jadis était mon frère d’arme dans un startup précédent: perception is reality. Si certaines personnes pensent que OSMO c’est louche ou sombre, ils ont probablement de bonnes raisons, de leur point de vue en tout cas, ils ne sont pas cons (je n’assume jamais ça de personne, faut vraiment me le prouver à répétition avant que je ne pense ça de quelqu’un).

Donc pour faire une histoire pas si courte, j’ai décidé de vous écrire ce billet. Comme quoi, ça aura eu du bon, ça fait des lustres que je néglige cet espace d’écriture publique. En fait ça devrait être le sous-titre “je n’écris pas souvent ici mais quand ça arrive c’est parce que ça doit être important”. Un instant, je vais aller changer mes configurations de wordpress (pas vraiment, j’aime bien “I am worse at what I do best” de Nirvana, c’est à peu près la même chose)”

Ok donc. On. A. Besoin. De. Votre. Aide. Tout simple.

On. C’est qui ça “On”? C’est la fondation OSMO, qui veut dire osmose ou OS MOntréal ou Open Source Magie Oblige (ok, pas vraiment le dernier) mais dans l’esprit de la chose, c’est un effort concerté depuis plusieurs années pour mettre en place un organisme qui vise à faire collaborer les autres organismes et individus de l’écosystème techno/internet/startup de Montréal (et mobile/jeux/commerce aussi, mais ça commence à faire long, disons).

Ça ne remplace pas l’Alliance Numérique qui fait sommes toutes un bon boulot pour représenter les acteurs (compagnies) établies auprès du gouvernement (beaucoup) et du marché (un peu). Ça ne remplace pas les services d’aide au jeunes entrepreneurs (SAJE) ni les différentes organisations d’entrepreneurs (au sens large) ni non plus les espaces de co-travail (co-working) qui existent déjà et qui font un bien immense à cette ville.

Ça vise à reprendre l’esprit du premier BarCamp de 2006, des StartupCamp et du festival du startup, mais dans une continuité incarnée dans un lieu. Un hub. Je dis souvent que c’est facile d’expliquer l’impact de l’industrie du jeu à Montréal en montrant la bâtisse d’Ubisoft au coin St-Laurent et St-Viateur. Ça paraît. De la brique. 2000 employés (genre). Mais en web, internet startup, au lieu de 5-10 compagnies de 100 à 2000 personnes (plus 500 de 1 à 10) on a plutôt l’air d’un nuage intangible, 1000 petites compagnies et 2-3 “moyennes” qui montent en haut de 50 employés.

Si je retrouvais le lien vers ma présentation au Pecha Kucha je vous mettrais ça ici là. Ah ben tien, voilà (diapos 5 et 6 pour illustrer le propos). Aussi notez bien l’utilisation de “héritage bordélique” comme effet de style et de sens.

Mais je prends des détours sans fin pour vous dire ce que je veux vraiment vous raconter. “On” c’est la communauté de tous les gens qui ont passé par notre “beta test” de la maison dans la dernière année. Le calendrier est assez impressionnant. Faut le voir pour le croire. Ce sont les groupes d’utilisateurs, les passionnées, du UX au Ruby en passant par le Javascript et tout ce qui va autour. Des cafés “ouverts” le mercredi matin pour se raconter entre 4-5 entrepreneurs ce qui fait mal, ce qui est normal et ce qui est fatal. Des hybrides géniaux d’entreprises communautaires techno comme Ile-Sans-Fil qui s’y nichent.

Des bénévoles, des personnes, des compagnies, de Montréal, de Québec, de Toronto, de Vancouver, des américains, des français de France, ben oui, du monde de New York pis de San Francisco et de Seattle et de Baltimore. D’Espagne, d’Irlande, d’Écosse, du Brésil. Des gars, des filles, des hommes, des femmes, des jeunes, des plus vieux, des vieux (de 40 ans même). Des financiers et des financés. Des jeunes pousses pleines de promesse et des cheveux gris plein de sagesse (enfin, on espère). Je suis vraiment très fier de cette diversité.

Je voudrais nommer des gens mais j’ai vais en oublier, il est tard en plus. Les résidents de Notman de la première heure, quand c’était encore un peu crade d’être là. Greg, Gabriel, Ildar, Heri, Karel et toute cette gang. Phil Telio, Alan Macintosh et John Stokes sur le CA de OSMO avec moi. Bruce McNiven et le support indéfectible d’Héritage Montréal. Mais je veux conclure en vous parlant de John. Il ne va pas aimer ça, il est comme ça, c’est sa retenue et son flegme british (il peut être brash et picky aussi, surtout s’il investi dans votre compagnie)…

C’est important parce qu’au m’a dit qu’entre autre, ce projet là, c’était pas clair si c’était le projet de Real Ventures ou de Founder Fuel, ou de OSMO ou de la communauté (est-ce qu’elle existe vraiment?) ou quoi.

Alors, un jour, quelque part en 2007 alors que j’étais à tenter de boucler ma première ronde de financement pour Praized, je rencontre ce gars qui vient d’arriver en ville et qui a des idées bien arrêtées, des très bonnes questions sur notre modèle d’affaire mais qui surtout m’est bien recommandé par des gens à qui je fais confiance. Et il a presque financé ce projet, mais pas réussi parce que son fond (Montréal Startup) n’était pas encore prêt et que nous on était plus que prêt et qu’on avait besoin d’argent.

Mais il nous a fait des intros, revisé, commenté notre pitch, offert sa perspective et un moment donné m’a confié qu’il avait “un autre projet” à jaser avec moi autour d’une bière. Cette idée, entre autre issue de l’émergence de Y Combinator et de Tech Stars mais aussi de cette compréhension qu’on existe en réseau plus qu’en silo, qui n’avait pas de nom mais qui était représenté par un genre de diagramme de venn de nerd, ça m’a fait ben du sens comme qu’y disent.

Et puis, de fils en aiguille, sans anguille sous roche, cette idée d’acheter cette maison, historique, centrale, abandonnée, pour “disrupter” le statut quo et “enabler” les forces vives, cette idée de jardin et de terreau fertile, cette incarnation d’un esprit dans un lieu que j’aurais aimé voir plus tôt, où j’aurais aimé prendre mon envol quelque années plus tôt, ça me semblait vachement bien.

Mais pas juste un peu bien là, vraiment très très bien. Parce que ça manquait. Parce que c’était ça qu’on avait besoin. Parce que de se hacker un potentiel de réseau vivant, de shimmer l’univers des possibles avec un peu d’huile de coude, de se gosser comme un avenir solide de type collaboratif genre 21ième siècle, ça faisait juste de l’allure! Je me prends tu pour un Fred Pellerin de la techno là ou ben quoi?

On. A. Besoin. De. Votre. Aide. Tout simple.

Non sérieux. On a travaillé super fort dans les dernières années pour aligner tout ça. Faut que ça arrive. Et j’ai besoin de vous. En plus, je suis loin. Pas facile. C’est ma décision, mais mon coeur est encore, et toujours à Montréal.

Alors, j’ai, nous avons, besoin de vous. S’il vous plait. Ça vaut la peine. J’ai quasiment envie de vous dire que faire de nous “comme un grand peuple” ça se fait ensemble. Dans la diversité, l’entraide, le soutien. Avec effort, tremblements, inquiétudes et doutes. Mais surtout ensemble. Me semble. Ça se peut?

Merci de m’avoir lu. Ça m’a fait du bien de vous écrire.

Short story: we need your help. Check this out.

I have a much longer post (rant?) on this topic in French.

À propos d’un groupe de travail bénévole pour un Plan numérique pour le QuébecÀ propos d’un groupe de travail bénévole pour un Plan numérique pour le Québec

Je suis pas mal content de pouvoir vous partager ce matin quelques discussions qui ont été amorcées dans les dernières semaines. Reçu un coup de fil de Claude Malaison qui me demandait si j’avais du temps pour m’impliquer (à distance) dans un groupe de travail sur le Québec numérique. J’ai dit oui, bien entendu. Voici la première pierre de l’édifice à construire (j’ai ajouté un peu d’emphase dans le texte):

Pendant la campagne électorale, nous avons tous déploré l’absence de débats et d’engagements autour du numérique et du gouvernement ouvert. Encore plus préoccupant, bon nombre d’entre nous avons constaté un réel manque de sensibilité à tout ce qui est numérique ou nouvelles technologies de l’information et des communications (NTIC) chez nos politiciens en général. En effet, lorsque interrogés sur ces sujets, peu d’entre eux sont en mesure d’exprimer une vision claire du potentiel que représentent les idées et les capacités du savoir faire de nos entrepreneurs et de la société civile québécoise sur les questions du numérique et du gouvernement ouvert.

À la suite de l’élection du 4 septembre dernier, M. Jean-François Gauthier, co-fondateur du mouvement Démocratie ouverte, a contacté M. Claude Malaison, lui aussi membre du collectif, pour lui faire part d’une idée: amorcer une collaboration citoyenne entre les personnes préoccupées par les enjeux du numérique au Québec et du gouvernement ouvert afin de proposer un plan de match pour l’avenir. L’un et l’autre ont contacté des gens autour d’eux pour valider leur intérêt à y participer. Les personnes suivantes ont accepté (par ordre alphabétique):

Le groupe s’est réuni une première fois et a immédiatement convenu de la nécessité d’être inclusif et transparent dans la démarche. Suite à une seconde rencontre, le groupe s’est élargi par l’ajout de personnalités importantes de la scène québécoise du numérique, soit M. Michel Cartier et Hervé Fischer. Au cours des prochains jours, nous publierons sur le site de Démocratie ouverte un premier document de réflexion sur lequel il sera possible de réagir.

Pour ce faire, nous structurerons les débats autour d’un outil qui permettra la participation et la collaboration. Nous souhaitons identifier de nouvelles idées ou pistes de solutions et générer des consensus. Nous souhaitons construire rapidement une stratégie numérique cohérente et attractive qui pourrait être proposée aux autorités politiques concernées (et portée par la société civile). Nous pourrons par la suite jeter les bases d’un plan numérique pour le Québec. Pour l’instant le numérique est encore perçu comme un outil parmi tant d’autres. Nous croyons qu’il pourrait être un puissant levier de développement économique, social, culturel et démocratique.

Plus qu’un outil, la révolution numérique est une des pierres d’assise sur laquelle nous devons construire le Québec de demain!

Signé: Les membres du groupe de travail bénévole pour un Plan numérique pour le Québec

J’ai à coeur la mise en place d’une culture numérique au Québec, parce que j’ai à coeur la culture du Québec. Ce n’est plus une question de futur, ça se conjugue maintenant au présent. À suivre (via entre autre, le mot-clic #PlanQc)!