Le plan “nerd”?

La semaine dernière, il y a eu une discussion enflammée au sujet des startups d’ici qui partent vers le Chili sur le groupe Facebook “Montréal + Startups”. La nouvelle était que trois compagnies Montréalaises avaient été acceptées dans le programme d’incubation de “Startup Chili”. Ce programme offre 40,000$ ainsi qu’un programme d’accueil, espace de travail et du soutien aux entrepreneurs pour 3 mois aux compangies qui viennent s’installer au Chili pour cette période. NextMontreal.com a publié deux articles (en anglais) sur le sujet.

  1. http://nextmontreal.com/three-montreal-startups-joining-start-up-chile/
  2. http://nextmontreal.com/start-up-chile-is-a-great-experience-but-be-careful-too/

C’est assez similaire à ce qu’offre Founder Fuel à Montréal, et d’autres accélérateurs ailleurs (Y Combinator, Tech Stars, 500 Startups aux USA par exemple). J’ai eu la chance de discuter avec les gens de Startup Chili lors d’un de mes voyages en Californie et j’ai trouvé leur approche très intéressante. J’ai suggéré que la grande différence entre ce qui se fait au Chili et au Québec, c’est que là bas, ils ont décidé que l’entrepeneurship et la création de nouvelles compagnies en technologie, c’était une priorité nationale. Bien que la plupart des fonds disponible aux entrepreneurs Québécois soient à toute fin pratique issues d’argent public (via la Caisse de Dépot, etc) la gestion de ces fonds est du domaine privé.

Bien qu’il soit assez difficile de lever une ronde de financement pour sa startup, ça ne représente qu’une seule des facettes de ce qu’il faut réussir comme entrepreneur pour faire avancer son projet réaliser ses objectifs (c’est même optionnel, selon les types de projets). Il existe tout un écosystème à créer autour de l’entreprenariat technologique, des universités aux fournisseurs de services autour de cette “grappe” émergente. Qu’ont fait les gens du Chili? Ils ont engagé Steve Blank, un réputé professeur de Stanford et entrepreneur en série pour qu’il passe deux semaines avec eux afin de bien comprendre de créer un écosystème c’est très différent de simplement avoir du capital disponible (ce qui est très important mais peut-être pas le plus important).  Steve Blank raconte l’histoire sur son blogue. Les leçons qu’i en tire sont toutes très pertinentes et les parralèlles étonnants pour le Québec:

  1. Chile is trying to engineer an entrepreneurial cluster as a National policy.
  2. They’ve gotten off to a good start with a committed Ministry of the Economy.
  3. The universities are on board with passionate faculty and excited students.
  4. The country needs to build a deeper Venture Capital industry.
  5. Chilean core industries need to view entrepreneurship as an asset, and technological innovation as an opportunity to leap forward.
  6. Second chances are hard to come by in current Chilean business climate and culture.

Ce qui nous manque ici, c’est la volonté politique, le tout premier point. Je pense que le reste est déjà lentement en train de se mettre en place. Bien entendu, je prêche pour ma paroisse, je suis sur le conseil d’administration de la fondation OSMO qui pilote le projet de la maison Notman… Quand je lis la mission de Teralys: “Teralys Capital entend bien diriger l’industrie canadienne du capital de risque pour les entreprises spécialisées dans la technologie vers un avenir plus prometteur.” Je me dis qu’on a déjà entamé des pas dans la bonne direction.

Mais le milieu est disparate. Plusieurs organisations gravitent autour de la technologie, mais aucune spécifiquement pour les startups. Je crois qu’il est temps que ça change. Pour avoir entendu Jacques Bernier parler de sa passion pour l’entrepreneurship et les entrepreneurs, je me dis qu’on a même déjà des champions en place pour mener ce combat. Il ne reste qu’à catalyser les forces vives et décider collectivement d’investir dans un plan national (ou provincial). Puis-je suggérer “le plan nerd”? MAJ: L’article qui résume cette position est publié aujourd’hui dans La Presse.

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