Notman, OSMO, Real Ventures et moi (et vous). Support Notman House!

J’ai beaucoup de choses à vous raconter. Mais aujourd’hui je vais me concentrer sur un sujet en particulier: la maison Notman, un projet de la fondation OSMO.

Premièrement, si vous vivez en dessous d’une roche ou que par hasard je ne vous ai pas assez tweeté, facebooké ou courriellé sur la présente campagne de socio-financement du projet Notman, voici par la magie des iframes, un récapitulatif de la campagne en cours (à droite) et un vidéo (ci bas).

Sommaire exécutif (TL;DR): C’est vraiment difficile de bootstrapper un OSBL comme un startup, ça prends des individus qui s’y donnent à fond et ce sont ces individus qui donnent le ton, mais ça ne fait pas pour autant d’un projet communautaire un projet corporatif. Il me semble que c’est assez simple, mais il se pourrait aussi que l’esprit de collaboration et d’entraide qui nous habite soit moins répandu que j’aurais espéré…

On a besoin de votre aide (par ici pour supporter la cause)!

C’est justement ça le sujet de mon billet d’aujourd’hui. On. A. Besoin. De. Votre. Aide. Tout simple.

Mais j’ai un problème. En fait pas moi. Mais ça me concerne. Je vous partage ça à chaud, là. Aujourd’hui, je me suis fait dire (sur facebook, ou d’autre, et même deux fois) que le projet de la maison Notman c’était un projet d’un OSBL “louche” et/ou “sombre” et qui n’était pas vraiment un projet de communauté. J’ai failli péter une coche. J’ai répliqué texto, deux points j’ouvre les guillements, je me cite moi-même:

“Sombre OBNL? Une chance que j’ai mon filtre à profanité d’activé sur mon cerveau parce que ce qui s’en allait vers mes doigts pour le clavier c’était pas ben beau… Sérieusement, est-ce que quelqu’un a vraiment des problèmes à contacter OSMO pour éclaircir certains points?”

.

Il y avait d’autres détails et d’autres discussions, et puis je n’avais pas trop envie d’être sur facebook parce que le président de twitter n’arrête pas de passer en arrière de moi et que j’ai l’air pas sérieux quand j’ai facebook d’ouvert sur mon écran de même, mettons, et que je n’ai pas vraiment envie d’expliquer toute la politique et les efforts et que si d’autres trouvent que ce n’est pas un bon projet, je vais m’en caaaaaalisser et toute leur dire de manger de la maaaaarde (sur un air de Lisa Leblanc) et que je vais bien faire mes affaires comme je veux je ne dois rien à personne, estie.

Mais non. Comme le disait un ami sage qui jadis était mon frère d’arme dans un startup précédent: perception is reality. Si certaines personnes pensent que OSMO c’est louche ou sombre, ils ont probablement de bonnes raisons, de leur point de vue en tout cas, ils ne sont pas cons (je n’assume jamais ça de personne, faut vraiment me le prouver à répétition avant que je ne pense ça de quelqu’un).

Donc pour faire une histoire pas si courte, j’ai décidé de vous écrire ce billet. Comme quoi, ça aura eu du bon, ça fait des lustres que je néglige cet espace d’écriture publique. En fait ça devrait être le sous-titre “je n’écris pas souvent ici mais quand ça arrive c’est parce que ça doit être important”. Un instant, je vais aller changer mes configurations de wordpress (pas vraiment, j’aime bien “I am worse at what I do best” de Nirvana, c’est à peu près la même chose)”

Ok donc. On. A. Besoin. De. Votre. Aide. Tout simple.

On. C’est qui ça “On”? C’est la fondation OSMO, qui veut dire osmose ou OS MOntréal ou Open Source Magie Oblige (ok, pas vraiment le dernier) mais dans l’esprit de la chose, c’est un effort concerté depuis plusieurs années pour mettre en place un organisme qui vise à faire collaborer les autres organismes et individus de l’écosystème techno/internet/startup de Montréal (et mobile/jeux/commerce aussi, mais ça commence à faire long, disons).

Ça ne remplace pas l’Alliance Numérique qui fait sommes toutes un bon boulot pour représenter les acteurs (compagnies) établies auprès du gouvernement (beaucoup) et du marché (un peu). Ça ne remplace pas les services d’aide au jeunes entrepreneurs (SAJE) ni les différentes organisations d’entrepreneurs (au sens large) ni non plus les espaces de co-travail (co-working) qui existent déjà et qui font un bien immense à cette ville.

Ça vise à reprendre l’esprit du premier BarCamp de 2006, des StartupCamp et du festival du startup, mais dans une continuité incarnée dans un lieu. Un hub. Je dis souvent que c’est facile d’expliquer l’impact de l’industrie du jeu à Montréal en montrant la bâtisse d’Ubisoft au coin St-Laurent et St-Viateur. Ça paraît. De la brique. 2000 employés (genre). Mais en web, internet startup, au lieu de 5-10 compagnies de 100 à 2000 personnes (plus 500 de 1 à 10) on a plutôt l’air d’un nuage intangible, 1000 petites compagnies et 2-3 “moyennes” qui montent en haut de 50 employés.

Si je retrouvais le lien vers ma présentation au Pecha Kucha je vous mettrais ça ici là. Ah ben tien, voilà (diapos 5 et 6 pour illustrer le propos). Aussi notez bien l’utilisation de “héritage bordélique” comme effet de style et de sens.

Mais je prends des détours sans fin pour vous dire ce que je veux vraiment vous raconter. “On” c’est la communauté de tous les gens qui ont passé par notre “beta test” de la maison dans la dernière année. Le calendrier est assez impressionnant. Faut le voir pour le croire. Ce sont les groupes d’utilisateurs, les passionnées, du UX au Ruby en passant par le Javascript et tout ce qui va autour. Des cafés “ouverts” le mercredi matin pour se raconter entre 4-5 entrepreneurs ce qui fait mal, ce qui est normal et ce qui est fatal. Des hybrides géniaux d’entreprises communautaires techno comme Ile-Sans-Fil qui s’y nichent.

Des bénévoles, des personnes, des compagnies, de Montréal, de Québec, de Toronto, de Vancouver, des américains, des français de France, ben oui, du monde de New York pis de San Francisco et de Seattle et de Baltimore. D’Espagne, d’Irlande, d’Écosse, du Brésil. Des gars, des filles, des hommes, des femmes, des jeunes, des plus vieux, des vieux (de 40 ans même). Des financiers et des financés. Des jeunes pousses pleines de promesse et des cheveux gris plein de sagesse (enfin, on espère). Je suis vraiment très fier de cette diversité.

Je voudrais nommer des gens mais j’ai vais en oublier, il est tard en plus. Les résidents de Notman de la première heure, quand c’était encore un peu crade d’être là. Greg, Gabriel, Ildar, Heri, Karel et toute cette gang. Phil Telio, Alan Macintosh et John Stokes sur le CA de OSMO avec moi. Bruce McNiven et le support indéfectible d’Héritage Montréal. Mais je veux conclure en vous parlant de John. Il ne va pas aimer ça, il est comme ça, c’est sa retenue et son flegme british (il peut être brash et picky aussi, surtout s’il investi dans votre compagnie)…

C’est important parce qu’au m’a dit qu’entre autre, ce projet là, c’était pas clair si c’était le projet de Real Ventures ou de Founder Fuel, ou de OSMO ou de la communauté (est-ce qu’elle existe vraiment?) ou quoi.

Alors, un jour, quelque part en 2007 alors que j’étais à tenter de boucler ma première ronde de financement pour Praized, je rencontre ce gars qui vient d’arriver en ville et qui a des idées bien arrêtées, des très bonnes questions sur notre modèle d’affaire mais qui surtout m’est bien recommandé par des gens à qui je fais confiance. Et il a presque financé ce projet, mais pas réussi parce que son fond (Montréal Startup) n’était pas encore prêt et que nous on était plus que prêt et qu’on avait besoin d’argent.

Mais il nous a fait des intros, revisé, commenté notre pitch, offert sa perspective et un moment donné m’a confié qu’il avait “un autre projet” à jaser avec moi autour d’une bière. Cette idée, entre autre issue de l’émergence de Y Combinator et de Tech Stars mais aussi de cette compréhension qu’on existe en réseau plus qu’en silo, qui n’avait pas de nom mais qui était représenté par un genre de diagramme de venn de nerd, ça m’a fait ben du sens comme qu’y disent.

Et puis, de fils en aiguille, sans anguille sous roche, cette idée d’acheter cette maison, historique, centrale, abandonnée, pour “disrupter” le statut quo et “enabler” les forces vives, cette idée de jardin et de terreau fertile, cette incarnation d’un esprit dans un lieu que j’aurais aimé voir plus tôt, où j’aurais aimé prendre mon envol quelque années plus tôt, ça me semblait vachement bien.

Mais pas juste un peu bien là, vraiment très très bien. Parce que ça manquait. Parce que c’était ça qu’on avait besoin. Parce que de se hacker un potentiel de réseau vivant, de shimmer l’univers des possibles avec un peu d’huile de coude, de se gosser comme un avenir solide de type collaboratif genre 21ième siècle, ça faisait juste de l’allure! Je me prends tu pour un Fred Pellerin de la techno là ou ben quoi?

On. A. Besoin. De. Votre. Aide. Tout simple.

Non sérieux. On a travaillé super fort dans les dernières années pour aligner tout ça. Faut que ça arrive. Et j’ai besoin de vous. En plus, je suis loin. Pas facile. C’est ma décision, mais mon coeur est encore, et toujours à Montréal.

Alors, j’ai, nous avons, besoin de vous. S’il vous plait. Ça vaut la peine. J’ai quasiment envie de vous dire que faire de nous “comme un grand peuple” ça se fait ensemble. Dans la diversité, l’entraide, le soutien. Avec effort, tremblements, inquiétudes et doutes. Mais surtout ensemble. Me semble. Ça se peut?

Merci de m’avoir lu. Ça m’a fait du bien de vous écrire.

Short story: we need your help. Check this out.

I have a much longer post (rant?) on this topic in French.

3 thoughts on “Notman, OSMO, Real Ventures et moi (et vous). Support Notman House!

  • 2012/10/24 at 15:08
    Permalink

    J’ai aussi entendu (beaucoup) ces commentaires. Je pense c’est parce qu’il n’y a pas eu assez de communication, et c’est pour ça que ça ressort comme une initiative privée, conduite par Real Ventures.

    Je pense que tout le monde est d’accord que c’est un bel projet, et que Montréal en a besoin. Un peu comme la grande bibliothèque sur Maisonneuve/St-Denis. Si une institution publique comme Concordia ou Udem serait partenaire (pour les ressources), ce serait excellent. Ou bien, il faudrait qu’une personne d’OSMO soit “élue” par la communauté, pour que les gens se sentent engagés.

    Enfin bon, des idées rapides

  • 2012/10/24 at 15:41
    Permalink

    Oui, je pense que c’est une des choses les plus difficile, communiquer le projet Notman ET la fondation OSMO en même temps. On a figuré qu’avec les ressources limitées, on était mieux de se concentrer sur un message (et un branding): Notman.

    Et pour ce qui est de l’idée d’avoir des membres élus par la communauté sur le conseil d’administration de OSMO, tout à fait. Ce n’est qu’une question de quelques mois (dès que le financement est complété). Tout le reste est à faire, ce n’est qu’un début.

  • 2012/10/27 at 13:33
    Permalink

    Salut Sylvain,

    Merci d’avoir pris le temps d’écrire ce billet et d’avoir apporté quelques précisions.

    J’étais au tout premier meeting pour l’organisation de la maison Notman, si le projet est ambitieux (et je suis d’accord nécessaire pour la scène), les zones d’ombres sur la gestion (qui se sont posées immédiatement lors de ce meeting, il y a 3 ans) n’ont jamais été clairement levées; d’où l’incompréhension et la méfiance des gens.

    J’en ai souvent parlé autour de moi et je pense que les gens embarquerons plus si la composition du board d’OSMO est plus “communautaire” (ou plus “indépendante”), comme le dis Heri. Si ça doit se faire dans les mois qui viennent, c’est une excellente nouvelle.

    Par ailleurs, je me demande si je pourrais pas faire organiser quelques Cocoaheads à Notman (pour voir si ça pogne la bas). On est déjà une 40aine est très actifs sur la scène iOS indies (de notre bord on à la conférence Çingleton, avec du beau monde: http://cingleton.com/). Mais c’est un autre sujet.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>