Le cœur a ses raisons, que la raison ne connaît pointMy Way

Une des fonction essentielle de ce blogue (depuis plus de 10 ans!) est de servir à relater en public ma carrière et mon état professionnel. Sachez qu’à partir de vendredi cette semaine, je ne serais plus employé de ma propre compagnie, Needium. D’un commun accord avec mon co-fondateur et frère d’armes Sébastien, nous avons remis notre démission au conseil d’administration (vous pouvez lire sa version ici).

J’ai eu la chance d’explorer cette fascinante intersection du local et du social depuis l’été 2006. Initialement de manière informelle et en septembre 2007 de manière très sérieuse, avec des contrats long comme ça, des avocats à 600 piasses de l’heure et surtout les moyens de nous entourer d’une équipe extraordinaire pour refaire le monde, un clique de vote à la fois (des années avant les désormais célèbres likes et checkins).

On a eu le privilège même d’être full zeitgeist il y deux ans et on a fait un pivot avec notre startup, de Praized à Needium. Ça aura été un trip de 5 ans complètement hallucinant. Si c’était à refaire, je le referais n’importe quand (mais pas demain matin, je me donne quelques semaines pour reprendre mon souffle un peu). Le plus intéressant dans tout ça, n’est pas documenté dans les médias sociaux. Ou peut-être, pour ceux qui nous connaissent assez bien. Si la vraie vie c’est dans le gris, c’est aussi entre les lignes quelle se lit.

Nous ne sommes plus à l’ère “d’un bon boss pis d’une job steady”. C’est parce que je suis essentiellement rebelle et fonceur que j’ai décidé il y longtemps que je serais mon propre patron et que je prenais ces risques. Je ne compte plus les compagnies ou j’ai été co-fondateur (c’est faux, le vrai chiffre c’est 3 ou 4, selon qu’on considère Needium séparé de Praized ou non). Il y en aura 3 ou 4 autres c’est certain. Je suis aussi aviseur de quelques projets de startups de Montréal avec beaucoup de potentiel, ce sont quelques belles opportunités pour contribuer et collaborer à l’écosystème. Mais ça reste quelques heures par mois, au maximum.

J’ai plein d’énergie. Des mots à écrire, du code à partager sur github, des nouveaux projets à imaginer, à créer. Je demeure actionnaire d’une compagnie dont je suis extrêmement fier, ces cinq dernières années ont été pour moi des plus enrichissantes. Je sors de cette ride de montagnes russes exalté et un homme meilleur, à tout points de vues (pour citer Sébastien). Mais la réalité des entreprises en croissance, c’est que la phase d’idéation, de création et de construction d’une plate-forme technologique n’en est pas la finalité. Au contraire, c’est juste la première étape. Il faut y imbriquer le modèle d’affaire, mettre en place les ressources pour croître, rapidement si possible. C’est fait. Ça roule. Ça vends. Ça croît. Mais avec un peu de recul, je me suis demandé quelle était ma place dans tout ça et bien honnêtement je m’y retrouvais de moins en moins.

Le plus difficile en quittant cette aventure extraordinaire, c’est de devoir dire adieu à des collègues et des amis. Une des leçons de gestion que j’ai apprise à mes début (chez Public Technologie Multimédia, par Jean-François St-Arnaud, un de mes premiers mentors), c’est qu’il faut s’entourer de gens meilleurs que soit. Que de toute manière, il y a toujours plus à faire dans une compagnie, si on s’entoure le mieux possible, on ne devient pas caduque, au contraire on se multiplie. C’est ce qui est arrivé chez Praized et Needium. Ce que je suis devenu, ce que nous avons réussi, c’est au travers des efforts et des bons coups les uns des autres, je les remercie du fond du coeur.  Les liens que nous tissons autour de nous sont les traces les plus durables de notre passage.

De manière très consciente, j’ai voulu mettre en place l’architecture de la compagnie tout autant que celle des plateformes, et bien malgré moi, cette vaste cathédrale que nous avons érigée n’est plus le bazar qui me fascine et me passionne tant… Je suis certain que Needium aura un succès commercial à grande échelle, avec le temps (et les moyens). Mais je m’ennuie de coder. D’écrire. D’inventer. Je ne suis pas un homme d’affaire, je suis un maker, un gosseux dans l’code, un patenteux avec du duct tape pis des serveurs dans le cloud, un geek à plume qui a le blues des réunions dans un salon avec un tableau blanc sur pattes et tout à créer. Une de mes (para)phrases préférée de 2011 est de Chris Dixon, un entrepreneur new-yorkais: “everything that has not yet been disrupted by the internet, will be“. J’entends bien faire ça au cours des prochaines années.

J’ai plein de trucs à vous raconter qui ne se racontent pas sur internet. On ira prendre quelques bières. Je suis très serein et d’un calme déconcertant pour un gars d’ordinaire si volubile. Cue Édith Piaf: Non, rien de rien, je ne regrette rien. Je le répète, ce furent des années fantastiques. Il y a une métaphore de bateau pirate qui devrait me servir de conclusion, mais je vous la garde pour le prochain billet… d’ici là, vous savez ou me retrouver, comme d’habitude, sur internet, ici et ailleurs. Je serais disponible après quelques semaines de repos (mérité). Mais faites moi signe, je suis curieux d’entendre vos idées. Je ne sais pas ou je vais me retrouver, j’ai une bonne idée de ce que je ne veux pas faire, mais je n’ai aucune idée de tout ce que je pourrais faire…

Vive le feu!

Cue Frank Sinatra (here’s the backstory and the lyrics). Or better yet, the Limp Bizkit version. One thing has been pretty constant with this blog (over the last 10 years): it’s my soapbox and it’s the best place to make these professional and personal announcements.

Next Friday will be my last day at Needium. I have resigned from my own startup. Seb is also announcing the same thing on his blog. We decided together that after building two startups in 5 years (Praized, then Needium) it was time for us to move on, to set sail for new and unexplored seas.

The great thing when you build a startup, when you architect your company as much as your platform, is that given the time and the means, these things scale, mature and somehow get a life of their own. I am really proud of what we have collectively built in those 5 years. It was a fantastic roller coaster ride (ask any startup founder about it). I had the privilege to work with an awesome team. I wish them the best of luck going forward.

Our company is now at another phase of it’s life, it’s all about sales, revenues, market share. As a shareholder, I hope to see it grow and continue scaling in this emerging social media market for SMBs. But as a maker, hacker, thinker, tinkerer, builder, as a geek artiste, I had to admit to myself that my heart was no longer in it. Over the last few months, I probably went thru the classic stages of grief… and now am completely at peace with this decision.

Starting next Monday, I will roam free for a while, then probably settle down… somewhere.

Between now and then, you know where to find me, I’m always on the internet. I will be looking for new challenges. I will be loosing sleep and obsessing about new things that needs to be solved, created, developed, shipped and iterated. Of course. I will also take a few well deserved weeks of vacations. Somewhere between two and six. Or not. Who knows?

I have also written a longer, more personal version of this post in French; Le coeur a ses raisons, que la raison ne connaît point. If you can’t read French, I would gladly share with you the nuances I added in this other version. But it would most likely require meeting in person (f2f) and the right atmosphere. Not *that* hard to make happen…

Le sablier de la gestion des médias sociaux en entreprise

J’ai laissé un long commentaire sur le billet de Michelle “Quelle fonction traditionnelle d’affaires devrait gérer les médias sociaux et pourquoi?” et je me suis rendu compte que c’était un billet en soi, rendu là… alors voici:

C’est une très bonne question. La dernière fois ou j’ai abordé ce sujet en conférence (ce matin!) j’ai suggéré un modèle en sablier… Dans le haut du sablier, l’entonnoir, on retrouve les médias sociaux “en public” (facebook, twitter, autres). Une équipe de gestion des médias sociaux se trouve au centre du sablier et fait la connection avec le bas du sablier, le réseau social interne d’une compagnie (yammer, status.net, etc) qui permet aux différents départements (marketing, RH, RP, service clientèle, support technique, etc) de collaborer ensemble en temps le plus réel possible pour répondre à l’ensemble des besoins qui arrivent via les médias sociaux.

J’ai fait un petit schéma pour illustrer le tout:

Le "sablier" des médias sociaux

Comment ça se passe “par chez vous”? Si vous travaillez pour une petite ou un grande organisation, j’aimerais avoir votre perspective.

The because effect…Bloguer par “à cause”…

L’effet “à cause de”, par opposition à “avec” (ou “par”).

Ou de l’abus de guillements pour expliquer que c’est compliqué. It’s complicated.

En fait pas tant que ça. Remarquez bien, quand on a écrit “Pourquoi Bloguer“, aucun chapître à propos de “bloguer pour bloguer” ou “bloguer pour être payé”. Oh que non. On blogue pour accomplir autre chose. C’est ça qui peut avoir l’air compliqué, si on ne comprends pas ce modus operandi.

(Note: je ne dis pas que c’est le cas de tout le monde qui blogue, mais d’un certain type de personne qui représentent, historiquement, l’idée qu’on se fait d’un blogueur).

On blogue pour influencer, pour vendre, pour informer, pour réseauter, pour se souvenir, pour apprendre, pour se définir, pour être vu, pour communiquer, pour provoquer. Il me semblait que cette litanie de pourquoi était assez éloquente. Mais puisqu’on a voulu apliquer le pourquoi d’ailleurs (des journalistes, des écrivains, des capitalistes, des poètes) au blogue, on dirait qu’on a manqué ce glissement (pas du tout un hasard) du “par” au “à cause”.

Je m’explique, accordez-moi quelque lignes, je vous fais une version TL;DR, avec plaisir:

Le blogue n’est pas une fin en soi, c’est un moyen. Un effet de deuxième degré, pas du premier.

D’où l’erreur fréquente. Si la fin justifie les moyens et que le blogue est un moyen, toute analyse du blogue comme “fin en soi” est fausse. Pas si compliqué, non? Si vous avez encore quelques minutes, je vous déballe mon raisonnement, je soutiens (un tant soit peu) cette analyse…

Si je fouille un peu, je retrouve d’ou me vient cette piste: Doc Searls qui titre “the because effect“. Puisque c’est de l’archéologie de blogue, plusieurs liens cassent, mais on se retrouve sur un podcast de 2006 qui nous amène vers une analyse intéressante de cette progression (qui n’en est pas une). Il appert que les blogues ne sont qu’un cheval de Troie, un moyen pour se rendre ailleurs. Doc Searls, c’est aussi lui qui avait déclaré que “markets are conversations”… en 1999, c’était prescient à souhait.

Vu ainsi, la perspective de Marie-Claude, Arnaud et Pascal est plus facile à comprendre (on se tutoie et on “name-droppe” dans la blogosphère, on s’hyperlinke et on se cite aussi, ça fait plus chaleureux (et parenthèse dans la parenthèse, c’est parce que je les connais, hein, je fais parti de ce réseau social tissé serré qui se rencontre dans les 5 à 7, les yulbiz, les journées infopresse, à webcom, les cafés du plateau, les restos du mile-end, les débits de boissons ou on ne check-in pas sur foursquare et les lieux mythiques qui ne sont pas sur Google Maps, on se croit pas à peu près), fermez la parenthèse). Euh, j’écrivais quoi, déjà?

Ah oui, je voulais dire (écire) que si Martin, Michelle, Tristan, Marie-Chantale, Claude, Mario, Philippe, Marc, Martin et moi-même on a voulu écrire (afin d’être name-droppé) et réfléchir (afin d’être cité(e)s) et publier (afin d’être autorité)… ce n’était pas pour l’argent… au premier degré. Écrire, pontifier, conférencer, former, influencer, réseauter, c’est rarement payant au premier degré. Mais c’est comme les intérêts composés. Ça l’air niaiseux de même, mais quand on combine tout ça, ça fini par des articles dans La Presse, des invitations dans les médias tout ce qu’il y a de plus traditionnels (télé, radio) et une certaine “prestance” dans le “milieu”.

Je vous le concède, être dans le “milieu” quand on vient de la marge, c’est un peu s’amenuiser sur les bords. C’est diluer la pleine puissance de notre liberté en échange de plus de diffusion. Mais on ne fait pas sans. Aucun média n’est mort de son suivant. Ils s’additionnent. Alors si on calcule un peu, on ne se soustrait pas. On se multiplie. On trouve une bonne raison. On s’explique. On le fait. “On” aime ça, même. Sachant qu’on est média, on danse avec eux. Qu’ils soient Radio-Canada, Huffington Post, Branchez-Vous, Voir, Urbania, Métro ou autre. Tant d’autres. Et j’aime les lire, les écouter, les regarder. Gina, Laurent, Bruno (qui est plus médiatisé depuis qu’il n’est plus chez un média.), Ben, Kim, Christine, Laurent, Sebastien, Michelle, Chris, Fred, Alex, Patrick, Seb, Maxime, Pierre, Guillaume, Patricia, Yasha et tous les autres dont je n’ai pas la force de retrouver l’URL (#meta). Ils ne sont pas empires médiatiques. Ils sont “eux”. Ils sont média, mais pas complètement. Ils ont une finalité qui est autre. Un deuxième degré. Ou même un troisième.

Alors toute cette discussion blogueurs/journalistes (qui dure depuis trop longtemps)? Payé/Pas payé? Pas le bon angle. Ça manque l’essentiel à creuser dans le mauvais trou. Sérieusement, si ça m’énerve tant (depuis toujours) c’est parce que ça tombe à plat. On ne joue pas selon les même règles du jeu. Je sais, ça peut paraître injuste. Mais ce n’est même pas une décision consciente… C’est une question d’instinct. En 2000 quand j’ai eu à revenir de mon périple en Californie j’ai annoncé sur mon blogue que j’étais disponible. Ceux qui me lisaient m’ont trouvé. Engagé. Même chose pour les autres fois ensuite. Probablement aussi pour le futur, si ma théorie se tient. Pourquoi est-ce que je voudrais faire un salaire de journaliste si je peux utiliser ce moyen pour me procurer autre chose (mieux?).

Du même souffle, je dois avouer que les blogueurs comme journalistes, ça ne fonctionne pas. Ils ont des intérêts ailleurs. Ils souffrent de déficit d’attention chronique. Du manque de pas de temps. Ça refile du lien et de la citation, mais vraiment pas souvent du matériel original, ces blogueurs. Peut-être pas 100%, il y en a bien quelques un(e)s, originaux, allumés, avec une colonne de AdSense et autres pubs sur leur blogue, non c’est vrai, ça existe, j’en connais qui font les six chiffres par année via blogue, à Montréal, oui, oui. Ou juste par passion. Ça se peut aussi, tant que ça “fitte” avec leur style de vie. Ou leur modèle d’affaire. Ou que ça supporte largement leur effet secondaire, cet “à cause de”. C’est mon cas.

Mais en même temps, c’est faux. C’est aussi juste parce que ça me tente et que je peux. Faut pas négliger ça. C’est un moteur immense, je crois. C’est un fuck you bien gras à l’ancien adage que la liberté de presse appartenait à ceux qui avaient une presse. Aujourd’hui, c’est WordPress(e). Ou Drupal ou whatever. C’est un effet de levier possible. On est pas cons. On va s’en servir. En fait, ma principale stupéfaction c’est de constater de quelle manière il y a plein de monde, de grandes compagnies, de médias, de groupes d’intérêts, d’OSBLs, d’organisations culturelles, de gouvernements, de PMEs, de chercheurs, de scientifiques, d’artistes, d’auteurs, de réalisatrices, de musiciens, de poètes, de romanciers, de comptables, d’agents d’immeubles, de juges, de maires d’arrondissements, de partis politiques, de commerçants, de révolutionnaires, d’indignés, de féministes, de tous-les-ismes… qui s’en privent.

Ben, tant pis pour vous. Nous on va refaire le monde, en réseau, en publiant sur internet ce qui nous tient à coeur. Et si vous n’êtes pas là, c’est pas parce qu’on ne vous aura pas averti. Mais vous n’avez pas cette culture “numérique”, du “réseau”. Niaiseux. Si vous me l’aviez demandé, je vous l’aurais donné. Cette offre expire bientôt, si ce n’est déjà.

Pas grave. Ainsi soit-il. Alea jacta est. C’est à cause que. Même si ça vous choque. Anyway, vous allez même pas me lire, que je me dis (en espérant le contraire). C’est comme une bouteille à la mer. Multipliée par Google, Facebook, Twitter. Très drôle. Vraiment, très drôle. Au deuxième degré, bien entendu.

Être de gauche et pour l’entrepreneuriat (technologique en plus)

Le texte qui suit est une prise de position très personnelle, avec un style et un ton qui l’est tout autant. J’ai voulu faire un texte songé et intellectuel, mais ce n’est pas du tout ce qui est sorti de mes tripes. Je me reprendrais pour une version plus carrée un peu plus tard. Alors voilà.

La version courte, ou comme un dit sur internet, TL;DR: Ensemble c’est mieux que tout seul et je crois que la collaboration et les plus petites structures permettent un meilleur monde pour tous à l’ère de la diversité et de la société en réseau. C’est vrai en affaire pour les startups et pour les états, c’est pour ça que je suis indépendantiste et solidaire, de ma prise de position politique à mon engagement dans l’écosystème des startups en technologie de Montréal. C’est une histoire de culture et de valeurs.

Maintenant, la version longue si ça vous intéresse et que vous avez 15-20 minutes…

Entrefilet intéressant, via Twitter (bien entendu), dans lequel @MarioAsselin, relance une conversation à propos de mon billet sur le plan nerd à un (supposé) péquiste qui l’accuse (en tant que caquiste) d’être corporatiste (si ce n’est Sirois-iste) et ou Mario évoque ma teinte orange et mon allégence à Québec solidaire pour affirmer que c’est “bien au delà de la partisanerie” toute cette histoire. Et il en remet sur son blogue. Même si nous ne sommes pas d’accord sur le chemin à prendre pour se rendre, reste qu’on semble se diriger dans la même direction…

Ça m’a fait réfléchir à ma prise de position en tant que socialiste, que dis-je, social-démocrate (merci à Tony Judt pour la précision), pour l’entrepreneurship et les startups en technologie. Ça pourraît être très de droite, tout ça, comme position. Ça pourrait mener, diantre, enfer et damnation, à un abus de phrases à virgules et à une conversation alambiquée, si tout n’était pas clarifié, à terme. C’est un chemin tortueux et malgré quelques raccourcis possibles, non sans quelques détours certains.

J’ai déjà dit (en public) que j’avais une mineure en capitalisme et un majeure en socialisme. C’était une figure de style. Je n’ai point de diplomation pour valider cette affirmation. Ce que je voulais dire par là, c’est que je tente de trouver un juste milieu entre le bien commun et le système économique prédominant du 20ième siècle. Mais toujours avec un biais favorable vers le groupe, la société, plutôt que vers l’individu. Du New Capitalist Manifesto à Life Inc, de Here Comes Everybody à Cities and the Wealth of Nations (oui je sais, c’est tout en anglais, ça m’attriste aussi)… Ces valeurs, axées sur le groupe, étaient prédominantes dans mon éducation, dès la petite enfance. On partage ses jouets. On aide les autres. On laisse passer les autres. On est juste pour tous. Être égoïste, vouloir battre les autres, gagner à tout prix, tricher, mentir, ce n’était pas très à la mode dans les années ’70. Tant mieux. Je ne sais pas si c’était judéo-chrétien ou hippie, tant pis. C’est l’héritage que j’ai reçu et mon expérience de vie m’a démontré que c’était une position morale et sociale raisonnable et agréable, pour les autres comme pour moi.

J’ai aussi grandi à l’époque du grand possible. Du si tu veux, tu peux. De l’émancipation d’un peuple (Québécois), au niveau économique et culturel. Post révolution tranquille. Après Woodstock, après le peace and love. Enfant de baby boomers, à l’époque du docteur Spock, de la guerre froide et de Passe-Partout. De Charlebois, Lévesque et Trudeau (les hyperliens sont pour mes lecteurs hors Québec, parce que sinon on peut faire sans, pas besoin d’introduction). Passé au travers le système d’éducation Québécois, le rock, la science-fiction, la musique punk, la culture du skateboard, la littérature française, québécoise, la poésie, le théâtre, les films et… la religion. Post-catholique, protestante. Branché sur les jeux vidéos très tôt, sur internet dès que possible et sur le monde, aussi, pourtant, sûrement, goulûment, résolument, tranquillement, immensément.

Arrivé à la vingtaine avec le multimédia et tout ça, les ordinateurs en réseau, Wired, le montage vidéo sur Macintosh, Windows NT en serveur et le 3D sur Silicon Graphics comme toile de fond. Encore un autre serveur: Sun, Perl, FTP, SSH, UNIX. Une fenêtre noire avec un curseur vert qui clignote et une culture de hackers, de Berkeley au MIT, sans savoir que j’avais racine culturelle de réseau, de Gates à Jobs en filigrane informatique, citoyen du monde et planté au Québec pour le meilleur et pour les pire. Smells like Teen spirit comme hymne générationnel des X du monde et Richard Séguin et Paul Piché comme remparts de francophonie d’amérique du nord. Avec du Charlebois, du Led Zepellin et du Hendrix via les platines de mon père. Planté dans un univers médiatique un peu tout croche, en remise en question, avec mon clavier comme arme ultime, comme gagne-pain, comme épée de Damoclès aussi. Et si tout ça n’était pas important du tout? Si je manquais mon coup? Moi qui avait tellement voulu ne pas être un programmeur comme mon père, j’y étais à fond la caisse…

Un hyperlien. Un logiciel gratuit. Une perspective de collaboration, de partage. Des magiciens qui se couchent tard. Une industrie en émergence. Une possibilité, une brèche, un contexte qui favorise les petits smattes et ceux qui aiment sortir des sentiers battus, prendre des risques un peu fous. Une expérience de création, de technologie, d’entrepreneurship. Financée entre autre, par le nouveau Québec Inc. des Sirois, de la caisse de dépôt et des programmes de Landry. Un exil en Californie (et la naissance d’un blogue). Parce que possible, parce que souhaitable. Parce que thérapeutique, même si au bout du chemin, on apprendra qu’on ne peut pas se sauver de soi-même, même d’un périple usque ad mare au sud de la frontière. Un retour nécessaire au bercail, une détermination à l’auto-détermination, à la prise en main, en la création du possible par ses propres moyens (intellectuels) et ceux des autres (financiers). Joies et déceptions. Maturation. Perspective. Recommencement. Encore. Expérience. Rétrospective et prospective…

Maturité (peut-être). Prise de conscience (certaine). Identité, indépendance (ensemble). Le monde est dans ma cour. Je l’aime. Mon terrain de jeu, c’est le monde, que j’aime. Ma langue est forte, elle est douce, elle est souveraine et riche. Mes amis montréalais, anglophones, sont natifs d’ici et du monde tout comme moi. Désir de possible. D’ailleurs ici. Rejet gérérationnel, peut-être. De l’émergence, de structures petites et agiles, d’autre part, d’indépendance, de contribution au bien commun mais pas à l’uniformisation. De la courte-pointe comme métaphore, plutôt que d’une uniformité, rouge ou bleue. D’une gauche de justice, de société, d’égalité, de fraternité, de féminité et d’éco-société. De startups comme de parti minoritaires. D’auto-détermination et de créativité, au bureau le lundi matin comme au bureau de vote. D’un possible autre, pas de grands élans, ni financiers, ni corporatifs, ni structuraux. D’une #occupation, des petits trains qui vont loins, des gouttes d’eau qui font déborder le vase, du refus (global) et de l’ouverture (mondiale). De Godin, derrière le métro, qui raconte les immigrants, coeur de la ville, qui comme dans le San Francisco que j’ai connu bûchent aussi (plus?) fort que les bûcherons qui ont il y a quelques génération défriché le territoire.

De rejeter big corp à big media à big brother qui sont too big to fail… à résister aux cris contre trop de gouvernement et moins de lois et chacun pour soi parce que c’est totalement totalitaire, ironiquement, contre la fibre du tous qui est en moi. Pas par égo, ni par Legault, mais par égaux et idéaux. Pas tradition, comme j’aurais dû, après avoir espéré des grands noms de famille du PQ, mais par prénom de Françoise et d’Amir, par réunion d’une encore plus petit poignée d’irréductibles, de tous horizons, imaginez, même des communistes… Pas par limace ou double-faces, plutôt par audauce à la Loco Locass, de par la légende du faubourg à m’lasse parce que je me lasse des appels sur la grande place pour un Québec qui “peut et doit faire mieux” et des vieux qui sont oublieux du mieux que leurs aïeux ont labouré à qui mieux mieux même quand dans le creux souffreteux d’un peuple né pour un petit pain, soi-disant miteux. Que quelque chose comme ce grand peuple soit autre chose que populiste ou populaire ou précaire ou prétentieux, que ces hommes et femmes de la nation puissent construire sur des assises solides et solidaires, sur des principes pour tous et participatifs, ouverts et tranparents, par collaboration et justice, pour l’égalité, la diversité et la pérénité.

Et de créer de l’emploi ici, à l’ère de l’économie du savoir, de la société en réseau, au lieu de piller les ressources de la terre, de nos avoirs, dépasser la société industrielle d’aussitôt. De faire un monde plus beau, beau, d’être fiers citoyens, individuels ou corportifs, fiers de payer beaucoup d’impôts, de redonner, de soutenir, d’encourager, de faire jaillir, d’accompagner, de cultiver, de prendre soin du terreau fertile ou nous sommes plantés, d’éduquer de faire pousser, de germer. D’être maîtres chez nous, à petite et à grande échelle, de refuser les secrets de polichinels et les leçons de Machiavel. Je suis un idéaliste, un Don Quixote, rêveur, polyglotte, increvable, optimiste, inconvenable, surréaliste. Cent fois sur le métier je remettrais mon ouvrage, ma nation, mon présage. Je ne peux pas léguer à mes enfants moins que mes espoirs, je ne peux me résoudre à les laisser dans le noir (non merci Duplessis). Si nous retenous leçon de l’histoire, sans reproche et sans peurs, plus jamais de grande noirceur. No regrets, no fear, never again the Black Nun (merci à Deschamps).

Quand j’ai compris que j’faisais, un très très grand détour, pour aboutir seul dans un billet publié, j’vous apprends rien quand j’dis, qu’on est rien sans les autres, pour aider l’monde faut savoir être aidé. C’est même Jésus, cet autre barbu, qui disait, aimez vous les uns les autres. C’est même Vignault, cet autre oiseau, qui la chantait…

“De mon grand pays solitaire,
Je crie avant que de me taire,
À tous les hommes de la terre,
Ma maison c’est votre maison,
Entre mes quatre murs de glace,
Je mets mon temps et mon espace,
À préparer le feu, la place,
Pour les humains de l’horizon,
Et les humains sont de ma race.”

Peut-être auriez vous mieux aimé que je puisse me taire. Pour ma part, je vous lirais dans les commentaires… ou ailleurs sur la blogosphère.

Écrit un soir de certitude avec une certaine latitude d’attitude et d’hébétude. Dans un moment de solitude teinté de sollicitude et sociétude.

Repenser l’éducation à l’ère de la société de l’information en réseau

Hier, François Proulx me recommandais un cours offert (gratuitement et en accès public) par le MIT sur “Introduction to Copyright”. Le sujet m’intéresse vivement, alors j’ai téléchargé ça et j’ai commencé à l’écouter en marchant hier soir (vous pouvez retrouver le clip à http://www.youtube.com/watch?v=zqtx0gA5K2s). Après 10 minutes, je me suis rendu compte que la densité de l’information et surtout le “flow” était tellement pas au niveau de mes attentes, vraiment trop lent et avec un trop bas niveau de pré-requis (connaissances générales). Pour faire un bon cours en-ligne, il ne suffit pas de filmer une classe. Il faut adapter le contenu au contexte d’écoute (et au niveau aussi je suppose). Je veux la version 30 minutes de ce deux heures, avec des liens pour de l’information complémentaire au besoin. Il faut repenser l’éducation à l’ère de la société de l’information en réseau. Tout un défi. Prochain sujet: le système de santé du 21ième siècle.

Slipping on the SOPASe faire passer un SOPA

Today afroginthevalley.com is in black, because the internet is too important to leave it at the mercy of a few American lobbyists.

The best Canadian page on the subject is on Michael Geist’s blog (with some specific national action items).Aujourd’hui, afroginthevalley.com est en noir, parce que l’internet est trop important pour être à la merci de quelques lobbyistes américains trop influents. Je saute dans un train déjà bien en marche, rien d’original ici, mais je me devais de le souligner.

La meilleure page canadienne sur le sujet est sur le blog de Michael Geist (avec quelques liens pertinents pour notre politique nationale).

Un souhait pour 2012

Petite non-résolution de 2012. Au lieu de dire (ou d’écrire): on devrait, je pourrais, j’aimerais bien mais, si j’avais le temps, me semble que… faire.

Livrer. Encore plus et mieux. Calmement mais résolument. Ne pas viser l’excellence théorique, mais se rendre au bout, imparfaitement, d’une idée, d’un projet, d’une lancée.

Lire, écrire, créer, coder, designer, réaliser, produire, financer, soutenir, enseigner, collaborer, accomplir. C’est ce que je nous souhaite en 2012.

En Entrevue avec Sylvain

Si j’avais le temps, au lieu de faire des vidéos à la sauce “Bref“, je ferais un pastiche d’En audition avec Simon. Ça s’appelerait “En entrevue avec Sylvain” et ça mettrait en vedettes des entrepreneurs et des geeks de la scène locale.

Du monde cool mais qui seraient mis en scène avec les pires lignes que j’ai entendues dans l’année, soit dans des pitchs ou dans des entrevues pour un travail. Ça serait méchant, cynique et très drôle.

Maintenant que vous vous en êtes fait une scène dans votre tête, je considère que j’ai fait ma job, aucune chance que je réalise ça pour de vrai… mais vous pouvez toujours partager les pires phrases de l’année de votre univers internet dans mes commentaires, ça c’est pas trop forçant.