Ceci explique ceci

I can’t remember how I found this, but I suspect that this quote explains how I found this quote:

The discovery process is remarkably social, and the social interactions come in amazingly diverse forms. Sometimes it’s overhearing a conversation on Twitter between two complete strangers; sometimes it’s the virtual book club of something like Findings; sometimes it’s going out to lunch with a friend and bouncing new ideas off them. It’s the social life of information, in John Seely Brown and Paul Duguid’s wonderful phrase — we just have so many more ways of being social now.

Via stevenberlinjohnson.com: Anatomy Of An Idea

Les réseaux et les biens non rares

Lu pendant mes vacances, ça m’a fait réfléchir:

il faut profiter des circonstances actuelles pour réfléchir aux limites que le réel impose à notre liberté : nous , pauvres humains, sommes limités dans les moyens dont nous disposons. A nous d’en faire le meilleur usage. De beaucoup mieux les repartir. Et de profiter au mieux de tout ce qui n’est pas rare, de tout ce qui augmente quand on le donne : les idées, la tendresse, l’amitié, le rire, l’amour. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les réseaux, lieux réels ou virtuels de rencontre, ont pris tant d’importance : ils sont les instruments de la circulation des biens non rares.

La démocratie et le réel | Conversation avec Jacques Attali.

Retour de boomerang

Je vous poste ici mon discours d’ouverture et de clôture de la soirée Boomerang Infopresse d’hier. Vous pouvez aussi consulter les résultats.

Merci à Infopresse pour l’invitation à la présidence du Jury cette année. J’ai été critique par le passé de certaines des décisions, de certains prix, de certaines catégories, que voulez vous, je suis une grande gueule sociale médiatisée. Je jappe mais je ne mords pas. Au contraire. Je collabore. Alors lorsque qu’Arnaud m’a demandé si ça m’intéressait, après lui avoir demandé “es tu vraiment certain?” et réfléchi un peu, j’ai décidé de relever le défi.

Parce que comme dans toute chose, dans la vie, dans l’industrie, sur internet, à beau râler qui ne fait rien. J’ai pris cette invitation comme une opportunité. Une opportunité d’inviter sur le jury des gens de la relève. J’ai dis à des collègues de l’industrie, à des amis, je vous aime bien, mais c’est toujours vous qu’on voit partout. T’es ben fin pis smatte Martin, mais t’es trop commun maintenant. J’aimerais bien que tu m’advise, Ô JF, mais on pourrait pas faire changement? Et ce n’est pas que je ne m’amuser pas à pelleter des nuages avec toi, Thane, mais… bon.

Ok, j’avoue, il y a Guillaume Brunet qui a réussi à revenir encore une fois (en fait 3 Guillaumes). Mais bon, il change de titre et de job à chaque année, je suppose que c’est correct (insérer un clin d’oeil ici). Donc merci à tous ceux qui n’étaient pas là, mais un grand merci à toute l’équipe du jury, j’ai eu beaucoup de plaisir avec vous, relève (c’est tu parce que je suis vieux que je dis ça là, je radote?), féroces pigistes engagés de tout bords tout côtés, aux  anciens du milieu avec des années vénérables d’expérience (genre 10-15), hommes et femmes de tête, d’opinion et d’idées, leaders de compagnies en ébullition qui n’existaient même pas au 5ème anniversaire des boomerangs…

D’ailleurs, on dit les boomerangs ou le boomerang? Je me demandais si boomerang c’était resté un bon nom. C’est pas super interactif, quand même, un boomerang. Mais en cette ère des réseaux sociaux, c’est vraiment pertinent. Parce qu’on est passer du broadcast, envoyer des messages… à savoir les recevoir quand ils reviennent. Avez vous autant de monde qui travaillent à recevoir les messages qu’à les envoyer? Vous savez que la job hot de l’année c’est community manager? C’est ça que je me disait, on devrait être bon avec le nom boomerang pour encore quelques années.

Bref, quelle année! On a voulu trouver le bijoux du web. Parfois, ça ressemble à des diamants bruts. Mais pour qui sait reconnaître les projets natifs du web, vraiment interactifs, ancrés dans l’HTML, le CSS et le Javascript, SEOptimisés. Qui fonctionnent sur iPad aussi (hehe)… on avait du beau matériel. Et du social. Oh boy, du social. On était tu tanné du bleu facebook nous autres? Ah vous autres aussi? Je dois avouer aussi qu’on a eu quelques bons flashs, il faut de tout pour faire une industrie. Alors j’espère que vous allez aimer notre sélection, ce ne fût pas une tâche facile. J’espère qu’on pourra dire de nos prix, nos grands prix et nos coups de coeurs qu’ils représentent bien la cuvée du meilleur du web commercial et publicitaire en 2011. Et même plus…

Bon, assez de blabla, comme le disait l’humoriste préféré de mon père, on veut pas le savoir, on veut le voir! Bonne soirée.

 

On s’est posé des question sur les catégories. Sur le fait d’avoir deux jurys séparé. En 2011, on ne fait plus qu’un site web. On fait parfois, malheureusement encore juste une page Facebook. On ne fait plus de blogues mais on fait tous du WordPress. En 2012, on va devoir faire du marketing différement. Dans un monde hyper connecté, le marketing et la communication on doivent passer de la différentiation de la marque aux marques qui font une différence dans la vie des gens, des communautés, des sociétés (pour citer mon auteur préféré, Umair Haque, économiste et auteur du “new capitalist manifesto”). Comme jury, quand on évalue les pièces pour les différentes catégories, on fait travailler toutes nos neurones, nos connaissances, on soupèse les pour, les contre, la performance, le design, l’efficacité, l’utilisabilité, l’innovation. Pour les coups de coeurs, on s’est fait plaisir. J’ai voulu qu’on trouve et qu’on récompense des projets à échelle humaine. Sans prétention commerciale ou publicitaire, juste parce qu’internet, c’est aussi un moteur extraordinaire pour faire ce qu’on a vraiment envie de faire.

 

 

Entrevue (complète) Montréal Centre-Ville

Voici la version complète (copiée-collée de mon historique de conversation par messagerie instantanée), assez différente de la version finale publiée (je suis plus cynique et nuancé que dans la version optimiste et rose bonbon publiée par le magazine)… J’ai corrigé quelques fautes d’orthographes (mais pas toutes) et ajouté quelques hyperliens.

2:22 PM moi: Bonjour!
2:23 PM journaliste (Geneviève Pettersen): Bonjour
2:24 PM journaliste: ok
Donc je vous explique le truc
On fait un dossier sur le Montréal branché
2:25 PM Nous aurons 5 portraits de montréalais qui, selon nous, sont des influenceurs niveau web
Nous avons : Michelle Blanc, Kim Vallée, Mitch Joel, Dominic Arpin et vous 🙂
2:26 PM moi: Tu peux me tutoyer…
journaliste: Les portraits seront dissiminés dans l’article
ok pour le tu, c’est une habitude de bonne soeur, j’ai trop fréquenté les écoles de bonnes soeurs, lol, Ok alors on commence
moi: Ok, J’suis prêt

Le plan “nerd”?

La semaine dernière, il y a eu une discussion enflammée au sujet des startups d’ici qui partent vers le Chili sur le groupe Facebook “Montréal + Startups”. La nouvelle était que trois compagnies Montréalaises avaient été acceptées dans le programme d’incubation de “Startup Chili”. Ce programme offre 40,000$ ainsi qu’un programme d’accueil, espace de travail et du soutien aux entrepreneurs pour 3 mois aux compangies qui viennent s’installer au Chili pour cette période. NextMontreal.com a publié deux articles (en anglais) sur le sujet.

  1. http://nextmontreal.com/three-montreal-startups-joining-start-up-chile/
  2. http://nextmontreal.com/start-up-chile-is-a-great-experience-but-be-careful-too/

C’est assez similaire à ce qu’offre Founder Fuel à Montréal, et d’autres accélérateurs ailleurs (Y Combinator, Tech Stars, 500 Startups aux USA par exemple). J’ai eu la chance de discuter avec les gens de Startup Chili lors d’un de mes voyages en Californie et j’ai trouvé leur approche très intéressante. J’ai suggéré que la grande différence entre ce qui se fait au Chili et au Québec, c’est que là bas, ils ont décidé que l’entrepeneurship et la création de nouvelles compagnies en technologie, c’était une priorité nationale. Bien que la plupart des fonds disponible aux entrepreneurs Québécois soient à toute fin pratique issues d’argent public (via la Caisse de Dépot, etc) la gestion de ces fonds est du domaine privé.

Bien qu’il soit assez difficile de lever une ronde de financement pour sa startup, ça ne représente qu’une seule des facettes de ce qu’il faut réussir comme entrepreneur pour faire avancer son projet réaliser ses objectifs (c’est même optionnel, selon les types de projets). Il existe tout un écosystème à créer autour de l’entreprenariat technologique, des universités aux fournisseurs de services autour de cette “grappe” émergente. Qu’ont fait les gens du Chili? Ils ont engagé Steve Blank, un réputé professeur de Stanford et entrepreneur en série pour qu’il passe deux semaines avec eux afin de bien comprendre de créer un écosystème c’est très différent de simplement avoir du capital disponible (ce qui est très important mais peut-être pas le plus important).  Steve Blank raconte l’histoire sur son blogue. Les leçons qu’i en tire sont toutes très pertinentes et les parralèlles étonnants pour le Québec:

  1. Chile is trying to engineer an entrepreneurial cluster as a National policy.
  2. They’ve gotten off to a good start with a committed Ministry of the Economy.
  3. The universities are on board with passionate faculty and excited students.
  4. The country needs to build a deeper Venture Capital industry.
  5. Chilean core industries need to view entrepreneurship as an asset, and technological innovation as an opportunity to leap forward.
  6. Second chances are hard to come by in current Chilean business climate and culture.

Ce qui nous manque ici, c’est la volonté politique, le tout premier point. Je pense que le reste est déjà lentement en train de se mettre en place. Bien entendu, je prêche pour ma paroisse, je suis sur le conseil d’administration de la fondation OSMO qui pilote le projet de la maison Notman… Quand je lis la mission de Teralys: “Teralys Capital entend bien diriger l’industrie canadienne du capital de risque pour les entreprises spécialisées dans la technologie vers un avenir plus prometteur.” Je me dis qu’on a déjà entamé des pas dans la bonne direction.

Mais le milieu est disparate. Plusieurs organisations gravitent autour de la technologie, mais aucune spécifiquement pour les startups. Je crois qu’il est temps que ça change. Pour avoir entendu Jacques Bernier parler de sa passion pour l’entrepreneurship et les entrepreneurs, je me dis qu’on a même déjà des champions en place pour mener ce combat. Il ne reste qu’à catalyser les forces vives et décider collectivement d’investir dans un plan national (ou provincial). Puis-je suggérer “le plan nerd”? MAJ: L’article qui résume cette position est publié aujourd’hui dans La Presse.