À propos d’un groupe de travail bénévole pour un Plan numérique pour le QuébecÀ propos d’un groupe de travail bénévole pour un Plan numérique pour le Québec

Je suis pas mal content de pouvoir vous partager ce matin quelques discussions qui ont été amorcées dans les dernières semaines. Reçu un coup de fil de Claude Malaison qui me demandait si j’avais du temps pour m’impliquer (à distance) dans un groupe de travail sur le Québec numérique. J’ai dit oui, bien entendu. Voici la première pierre de l’édifice à construire (j’ai ajouté un peu d’emphase dans le texte):

Pendant la campagne électorale, nous avons tous déploré l’absence de débats et d’engagements autour du numérique et du gouvernement ouvert. Encore plus préoccupant, bon nombre d’entre nous avons constaté un réel manque de sensibilité à tout ce qui est numérique ou nouvelles technologies de l’information et des communications (NTIC) chez nos politiciens en général. En effet, lorsque interrogés sur ces sujets, peu d’entre eux sont en mesure d’exprimer une vision claire du potentiel que représentent les idées et les capacités du savoir faire de nos entrepreneurs et de la société civile québécoise sur les questions du numérique et du gouvernement ouvert.

À la suite de l’élection du 4 septembre dernier, M. Jean-François Gauthier, co-fondateur du mouvement Démocratie ouverte, a contacté M. Claude Malaison, lui aussi membre du collectif, pour lui faire part d’une idée: amorcer une collaboration citoyenne entre les personnes préoccupées par les enjeux du numérique au Québec et du gouvernement ouvert afin de proposer un plan de match pour l’avenir. L’un et l’autre ont contacté des gens autour d’eux pour valider leur intérêt à y participer. Les personnes suivantes ont accepté (par ordre alphabétique):

Le groupe s’est réuni une première fois et a immédiatement convenu de la nécessité d’être inclusif et transparent dans la démarche. Suite à une seconde rencontre, le groupe s’est élargi par l’ajout de personnalités importantes de la scène québécoise du numérique, soit M. Michel Cartier et Hervé Fischer. Au cours des prochains jours, nous publierons sur le site de Démocratie ouverte un premier document de réflexion sur lequel il sera possible de réagir.

Pour ce faire, nous structurerons les débats autour d’un outil qui permettra la participation et la collaboration. Nous souhaitons identifier de nouvelles idées ou pistes de solutions et générer des consensus. Nous souhaitons construire rapidement une stratégie numérique cohérente et attractive qui pourrait être proposée aux autorités politiques concernées (et portée par la société civile). Nous pourrons par la suite jeter les bases d’un plan numérique pour le Québec. Pour l’instant le numérique est encore perçu comme un outil parmi tant d’autres. Nous croyons qu’il pourrait être un puissant levier de développement économique, social, culturel et démocratique.

Plus qu’un outil, la révolution numérique est une des pierres d’assise sur laquelle nous devons construire le Québec de demain!

Signé: Les membres du groupe de travail bénévole pour un Plan numérique pour le Québec

J’ai à coeur la mise en place d’une culture numérique au Québec, parce que j’ai à coeur la culture du Québec. Ce n’est plus une question de futur, ça se conjugue maintenant au présent. À suivre (via entre autre, le mot-clic #PlanQc)!

Démocratie Ouverte @ Webcom

Publié mon brouillon de notes pour le panel démocratie ouverte de webcom Montréal demain matin. La question essentielle: pourquoi! Concepts en haut à gauche, articulation de la réflexion autour de Qui, Pourquoi, Comment (c’est ce qui manque à la démarche actuelle au Québec selon moi). J’ai l’honneur d’y représenter le point de vue de Québec solidaire, c’est à dire que la démocratie ouverte s’inscrit dans un contexte de justice sociale, d’égalité, de solidarité et surtout, de pluralité (voir http://www.quebecsolidaire.net/declaration-de-principes pour l’ensemble des principes de QS).

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Le sablier de la gestion des médias sociaux en entreprise

J’ai laissé un long commentaire sur le billet de Michelle “Quelle fonction traditionnelle d’affaires devrait gérer les médias sociaux et pourquoi?” et je me suis rendu compte que c’était un billet en soi, rendu là… alors voici:

C’est une très bonne question. La dernière fois ou j’ai abordé ce sujet en conférence (ce matin!) j’ai suggéré un modèle en sablier… Dans le haut du sablier, l’entonnoir, on retrouve les médias sociaux “en public” (facebook, twitter, autres). Une équipe de gestion des médias sociaux se trouve au centre du sablier et fait la connection avec le bas du sablier, le réseau social interne d’une compagnie (yammer, status.net, etc) qui permet aux différents départements (marketing, RH, RP, service clientèle, support technique, etc) de collaborer ensemble en temps le plus réel possible pour répondre à l’ensemble des besoins qui arrivent via les médias sociaux.

J’ai fait un petit schéma pour illustrer le tout:

Le "sablier" des médias sociaux

Comment ça se passe “par chez vous”? Si vous travaillez pour une petite ou un grande organisation, j’aimerais avoir votre perspective.

The because effect…Bloguer par “à cause”…

L’effet “à cause de”, par opposition à “avec” (ou “par”).

Ou de l’abus de guillements pour expliquer que c’est compliqué. It’s complicated.

En fait pas tant que ça. Remarquez bien, quand on a écrit “Pourquoi Bloguer“, aucun chapître à propos de “bloguer pour bloguer” ou “bloguer pour être payé”. Oh que non. On blogue pour accomplir autre chose. C’est ça qui peut avoir l’air compliqué, si on ne comprends pas ce modus operandi.

(Note: je ne dis pas que c’est le cas de tout le monde qui blogue, mais d’un certain type de personne qui représentent, historiquement, l’idée qu’on se fait d’un blogueur).

On blogue pour influencer, pour vendre, pour informer, pour réseauter, pour se souvenir, pour apprendre, pour se définir, pour être vu, pour communiquer, pour provoquer. Il me semblait que cette litanie de pourquoi était assez éloquente. Mais puisqu’on a voulu apliquer le pourquoi d’ailleurs (des journalistes, des écrivains, des capitalistes, des poètes) au blogue, on dirait qu’on a manqué ce glissement (pas du tout un hasard) du “par” au “à cause”.

Je m’explique, accordez-moi quelque lignes, je vous fais une version TL;DR, avec plaisir:

Le blogue n’est pas une fin en soi, c’est un moyen. Un effet de deuxième degré, pas du premier.

D’où l’erreur fréquente. Si la fin justifie les moyens et que le blogue est un moyen, toute analyse du blogue comme “fin en soi” est fausse. Pas si compliqué, non? Si vous avez encore quelques minutes, je vous déballe mon raisonnement, je soutiens (un tant soit peu) cette analyse…

Si je fouille un peu, je retrouve d’ou me vient cette piste: Doc Searls qui titre “the because effect“. Puisque c’est de l’archéologie de blogue, plusieurs liens cassent, mais on se retrouve sur un podcast de 2006 qui nous amène vers une analyse intéressante de cette progression (qui n’en est pas une). Il appert que les blogues ne sont qu’un cheval de Troie, un moyen pour se rendre ailleurs. Doc Searls, c’est aussi lui qui avait déclaré que “markets are conversations”… en 1999, c’était prescient à souhait.

Vu ainsi, la perspective de Marie-Claude, Arnaud et Pascal est plus facile à comprendre (on se tutoie et on “name-droppe” dans la blogosphère, on s’hyperlinke et on se cite aussi, ça fait plus chaleureux (et parenthèse dans la parenthèse, c’est parce que je les connais, hein, je fais parti de ce réseau social tissé serré qui se rencontre dans les 5 à 7, les yulbiz, les journées infopresse, à webcom, les cafés du plateau, les restos du mile-end, les débits de boissons ou on ne check-in pas sur foursquare et les lieux mythiques qui ne sont pas sur Google Maps, on se croit pas à peu près), fermez la parenthèse). Euh, j’écrivais quoi, déjà?

Ah oui, je voulais dire (écire) que si Martin, Michelle, Tristan, Marie-Chantale, Claude, Mario, Philippe, Marc, Martin et moi-même on a voulu écrire (afin d’être name-droppé) et réfléchir (afin d’être cité(e)s) et publier (afin d’être autorité)… ce n’était pas pour l’argent… au premier degré. Écrire, pontifier, conférencer, former, influencer, réseauter, c’est rarement payant au premier degré. Mais c’est comme les intérêts composés. Ça l’air niaiseux de même, mais quand on combine tout ça, ça fini par des articles dans La Presse, des invitations dans les médias tout ce qu’il y a de plus traditionnels (télé, radio) et une certaine “prestance” dans le “milieu”.

Je vous le concède, être dans le “milieu” quand on vient de la marge, c’est un peu s’amenuiser sur les bords. C’est diluer la pleine puissance de notre liberté en échange de plus de diffusion. Mais on ne fait pas sans. Aucun média n’est mort de son suivant. Ils s’additionnent. Alors si on calcule un peu, on ne se soustrait pas. On se multiplie. On trouve une bonne raison. On s’explique. On le fait. “On” aime ça, même. Sachant qu’on est média, on danse avec eux. Qu’ils soient Radio-Canada, Huffington Post, Branchez-Vous, Voir, Urbania, Métro ou autre. Tant d’autres. Et j’aime les lire, les écouter, les regarder. Gina, Laurent, Bruno (qui est plus médiatisé depuis qu’il n’est plus chez un média.), Ben, Kim, Christine, Laurent, Sebastien, Michelle, Chris, Fred, Alex, Patrick, Seb, Maxime, Pierre, Guillaume, Patricia, Yasha et tous les autres dont je n’ai pas la force de retrouver l’URL (#meta). Ils ne sont pas empires médiatiques. Ils sont “eux”. Ils sont média, mais pas complètement. Ils ont une finalité qui est autre. Un deuxième degré. Ou même un troisième.

Alors toute cette discussion blogueurs/journalistes (qui dure depuis trop longtemps)? Payé/Pas payé? Pas le bon angle. Ça manque l’essentiel à creuser dans le mauvais trou. Sérieusement, si ça m’énerve tant (depuis toujours) c’est parce que ça tombe à plat. On ne joue pas selon les même règles du jeu. Je sais, ça peut paraître injuste. Mais ce n’est même pas une décision consciente… C’est une question d’instinct. En 2000 quand j’ai eu à revenir de mon périple en Californie j’ai annoncé sur mon blogue que j’étais disponible. Ceux qui me lisaient m’ont trouvé. Engagé. Même chose pour les autres fois ensuite. Probablement aussi pour le futur, si ma théorie se tient. Pourquoi est-ce que je voudrais faire un salaire de journaliste si je peux utiliser ce moyen pour me procurer autre chose (mieux?).

Du même souffle, je dois avouer que les blogueurs comme journalistes, ça ne fonctionne pas. Ils ont des intérêts ailleurs. Ils souffrent de déficit d’attention chronique. Du manque de pas de temps. Ça refile du lien et de la citation, mais vraiment pas souvent du matériel original, ces blogueurs. Peut-être pas 100%, il y en a bien quelques un(e)s, originaux, allumés, avec une colonne de AdSense et autres pubs sur leur blogue, non c’est vrai, ça existe, j’en connais qui font les six chiffres par année via blogue, à Montréal, oui, oui. Ou juste par passion. Ça se peut aussi, tant que ça “fitte” avec leur style de vie. Ou leur modèle d’affaire. Ou que ça supporte largement leur effet secondaire, cet “à cause de”. C’est mon cas.

Mais en même temps, c’est faux. C’est aussi juste parce que ça me tente et que je peux. Faut pas négliger ça. C’est un moteur immense, je crois. C’est un fuck you bien gras à l’ancien adage que la liberté de presse appartenait à ceux qui avaient une presse. Aujourd’hui, c’est WordPress(e). Ou Drupal ou whatever. C’est un effet de levier possible. On est pas cons. On va s’en servir. En fait, ma principale stupéfaction c’est de constater de quelle manière il y a plein de monde, de grandes compagnies, de médias, de groupes d’intérêts, d’OSBLs, d’organisations culturelles, de gouvernements, de PMEs, de chercheurs, de scientifiques, d’artistes, d’auteurs, de réalisatrices, de musiciens, de poètes, de romanciers, de comptables, d’agents d’immeubles, de juges, de maires d’arrondissements, de partis politiques, de commerçants, de révolutionnaires, d’indignés, de féministes, de tous-les-ismes… qui s’en privent.

Ben, tant pis pour vous. Nous on va refaire le monde, en réseau, en publiant sur internet ce qui nous tient à coeur. Et si vous n’êtes pas là, c’est pas parce qu’on ne vous aura pas averti. Mais vous n’avez pas cette culture “numérique”, du “réseau”. Niaiseux. Si vous me l’aviez demandé, je vous l’aurais donné. Cette offre expire bientôt, si ce n’est déjà.

Pas grave. Ainsi soit-il. Alea jacta est. C’est à cause que. Même si ça vous choque. Anyway, vous allez même pas me lire, que je me dis (en espérant le contraire). C’est comme une bouteille à la mer. Multipliée par Google, Facebook, Twitter. Très drôle. Vraiment, très drôle. Au deuxième degré, bien entendu.

Être de gauche et pour l’entrepreneuriat (technologique en plus)

Le texte qui suit est une prise de position très personnelle, avec un style et un ton qui l’est tout autant. J’ai voulu faire un texte songé et intellectuel, mais ce n’est pas du tout ce qui est sorti de mes tripes. Je me reprendrais pour une version plus carrée un peu plus tard. Alors voilà.

La version courte, ou comme un dit sur internet, TL;DR: Ensemble c’est mieux que tout seul et je crois que la collaboration et les plus petites structures permettent un meilleur monde pour tous à l’ère de la diversité et de la société en réseau. C’est vrai en affaire pour les startups et pour les états, c’est pour ça que je suis indépendantiste et solidaire, de ma prise de position politique à mon engagement dans l’écosystème des startups en technologie de Montréal. C’est une histoire de culture et de valeurs.

Maintenant, la version longue si ça vous intéresse et que vous avez 15-20 minutes…

Entrefilet intéressant, via Twitter (bien entendu), dans lequel @MarioAsselin, relance une conversation à propos de mon billet sur le plan nerd à un (supposé) péquiste qui l’accuse (en tant que caquiste) d’être corporatiste (si ce n’est Sirois-iste) et ou Mario évoque ma teinte orange et mon allégence à Québec solidaire pour affirmer que c’est “bien au delà de la partisanerie” toute cette histoire. Et il en remet sur son blogue. Même si nous ne sommes pas d’accord sur le chemin à prendre pour se rendre, reste qu’on semble se diriger dans la même direction…

Ça m’a fait réfléchir à ma prise de position en tant que socialiste, que dis-je, social-démocrate (merci à Tony Judt pour la précision), pour l’entrepreneurship et les startups en technologie. Ça pourraît être très de droite, tout ça, comme position. Ça pourrait mener, diantre, enfer et damnation, à un abus de phrases à virgules et à une conversation alambiquée, si tout n’était pas clarifié, à terme. C’est un chemin tortueux et malgré quelques raccourcis possibles, non sans quelques détours certains.

J’ai déjà dit (en public) que j’avais une mineure en capitalisme et un majeure en socialisme. C’était une figure de style. Je n’ai point de diplomation pour valider cette affirmation. Ce que je voulais dire par là, c’est que je tente de trouver un juste milieu entre le bien commun et le système économique prédominant du 20ième siècle. Mais toujours avec un biais favorable vers le groupe, la société, plutôt que vers l’individu. Du New Capitalist Manifesto à Life Inc, de Here Comes Everybody à Cities and the Wealth of Nations (oui je sais, c’est tout en anglais, ça m’attriste aussi)… Ces valeurs, axées sur le groupe, étaient prédominantes dans mon éducation, dès la petite enfance. On partage ses jouets. On aide les autres. On laisse passer les autres. On est juste pour tous. Être égoïste, vouloir battre les autres, gagner à tout prix, tricher, mentir, ce n’était pas très à la mode dans les années ’70. Tant mieux. Je ne sais pas si c’était judéo-chrétien ou hippie, tant pis. C’est l’héritage que j’ai reçu et mon expérience de vie m’a démontré que c’était une position morale et sociale raisonnable et agréable, pour les autres comme pour moi.

J’ai aussi grandi à l’époque du grand possible. Du si tu veux, tu peux. De l’émancipation d’un peuple (Québécois), au niveau économique et culturel. Post révolution tranquille. Après Woodstock, après le peace and love. Enfant de baby boomers, à l’époque du docteur Spock, de la guerre froide et de Passe-Partout. De Charlebois, Lévesque et Trudeau (les hyperliens sont pour mes lecteurs hors Québec, parce que sinon on peut faire sans, pas besoin d’introduction). Passé au travers le système d’éducation Québécois, le rock, la science-fiction, la musique punk, la culture du skateboard, la littérature française, québécoise, la poésie, le théâtre, les films et… la religion. Post-catholique, protestante. Branché sur les jeux vidéos très tôt, sur internet dès que possible et sur le monde, aussi, pourtant, sûrement, goulûment, résolument, tranquillement, immensément.

Arrivé à la vingtaine avec le multimédia et tout ça, les ordinateurs en réseau, Wired, le montage vidéo sur Macintosh, Windows NT en serveur et le 3D sur Silicon Graphics comme toile de fond. Encore un autre serveur: Sun, Perl, FTP, SSH, UNIX. Une fenêtre noire avec un curseur vert qui clignote et une culture de hackers, de Berkeley au MIT, sans savoir que j’avais racine culturelle de réseau, de Gates à Jobs en filigrane informatique, citoyen du monde et planté au Québec pour le meilleur et pour les pire. Smells like Teen spirit comme hymne générationnel des X du monde et Richard Séguin et Paul Piché comme remparts de francophonie d’amérique du nord. Avec du Charlebois, du Led Zepellin et du Hendrix via les platines de mon père. Planté dans un univers médiatique un peu tout croche, en remise en question, avec mon clavier comme arme ultime, comme gagne-pain, comme épée de Damoclès aussi. Et si tout ça n’était pas important du tout? Si je manquais mon coup? Moi qui avait tellement voulu ne pas être un programmeur comme mon père, j’y étais à fond la caisse…

Un hyperlien. Un logiciel gratuit. Une perspective de collaboration, de partage. Des magiciens qui se couchent tard. Une industrie en émergence. Une possibilité, une brèche, un contexte qui favorise les petits smattes et ceux qui aiment sortir des sentiers battus, prendre des risques un peu fous. Une expérience de création, de technologie, d’entrepreneurship. Financée entre autre, par le nouveau Québec Inc. des Sirois, de la caisse de dépôt et des programmes de Landry. Un exil en Californie (et la naissance d’un blogue). Parce que possible, parce que souhaitable. Parce que thérapeutique, même si au bout du chemin, on apprendra qu’on ne peut pas se sauver de soi-même, même d’un périple usque ad mare au sud de la frontière. Un retour nécessaire au bercail, une détermination à l’auto-détermination, à la prise en main, en la création du possible par ses propres moyens (intellectuels) et ceux des autres (financiers). Joies et déceptions. Maturation. Perspective. Recommencement. Encore. Expérience. Rétrospective et prospective…

Maturité (peut-être). Prise de conscience (certaine). Identité, indépendance (ensemble). Le monde est dans ma cour. Je l’aime. Mon terrain de jeu, c’est le monde, que j’aime. Ma langue est forte, elle est douce, elle est souveraine et riche. Mes amis montréalais, anglophones, sont natifs d’ici et du monde tout comme moi. Désir de possible. D’ailleurs ici. Rejet gérérationnel, peut-être. De l’émergence, de structures petites et agiles, d’autre part, d’indépendance, de contribution au bien commun mais pas à l’uniformisation. De la courte-pointe comme métaphore, plutôt que d’une uniformité, rouge ou bleue. D’une gauche de justice, de société, d’égalité, de fraternité, de féminité et d’éco-société. De startups comme de parti minoritaires. D’auto-détermination et de créativité, au bureau le lundi matin comme au bureau de vote. D’un possible autre, pas de grands élans, ni financiers, ni corporatifs, ni structuraux. D’une #occupation, des petits trains qui vont loins, des gouttes d’eau qui font déborder le vase, du refus (global) et de l’ouverture (mondiale). De Godin, derrière le métro, qui raconte les immigrants, coeur de la ville, qui comme dans le San Francisco que j’ai connu bûchent aussi (plus?) fort que les bûcherons qui ont il y a quelques génération défriché le territoire.

De rejeter big corp à big media à big brother qui sont too big to fail… à résister aux cris contre trop de gouvernement et moins de lois et chacun pour soi parce que c’est totalement totalitaire, ironiquement, contre la fibre du tous qui est en moi. Pas par égo, ni par Legault, mais par égaux et idéaux. Pas tradition, comme j’aurais dû, après avoir espéré des grands noms de famille du PQ, mais par prénom de Françoise et d’Amir, par réunion d’une encore plus petit poignée d’irréductibles, de tous horizons, imaginez, même des communistes… Pas par limace ou double-faces, plutôt par audauce à la Loco Locass, de par la légende du faubourg à m’lasse parce que je me lasse des appels sur la grande place pour un Québec qui “peut et doit faire mieux” et des vieux qui sont oublieux du mieux que leurs aïeux ont labouré à qui mieux mieux même quand dans le creux souffreteux d’un peuple né pour un petit pain, soi-disant miteux. Que quelque chose comme ce grand peuple soit autre chose que populiste ou populaire ou précaire ou prétentieux, que ces hommes et femmes de la nation puissent construire sur des assises solides et solidaires, sur des principes pour tous et participatifs, ouverts et tranparents, par collaboration et justice, pour l’égalité, la diversité et la pérénité.

Et de créer de l’emploi ici, à l’ère de l’économie du savoir, de la société en réseau, au lieu de piller les ressources de la terre, de nos avoirs, dépasser la société industrielle d’aussitôt. De faire un monde plus beau, beau, d’être fiers citoyens, individuels ou corportifs, fiers de payer beaucoup d’impôts, de redonner, de soutenir, d’encourager, de faire jaillir, d’accompagner, de cultiver, de prendre soin du terreau fertile ou nous sommes plantés, d’éduquer de faire pousser, de germer. D’être maîtres chez nous, à petite et à grande échelle, de refuser les secrets de polichinels et les leçons de Machiavel. Je suis un idéaliste, un Don Quixote, rêveur, polyglotte, increvable, optimiste, inconvenable, surréaliste. Cent fois sur le métier je remettrais mon ouvrage, ma nation, mon présage. Je ne peux pas léguer à mes enfants moins que mes espoirs, je ne peux me résoudre à les laisser dans le noir (non merci Duplessis). Si nous retenous leçon de l’histoire, sans reproche et sans peurs, plus jamais de grande noirceur. No regrets, no fear, never again the Black Nun (merci à Deschamps).

Quand j’ai compris que j’faisais, un très très grand détour, pour aboutir seul dans un billet publié, j’vous apprends rien quand j’dis, qu’on est rien sans les autres, pour aider l’monde faut savoir être aidé. C’est même Jésus, cet autre barbu, qui disait, aimez vous les uns les autres. C’est même Vignault, cet autre oiseau, qui la chantait…

“De mon grand pays solitaire,
Je crie avant que de me taire,
À tous les hommes de la terre,
Ma maison c’est votre maison,
Entre mes quatre murs de glace,
Je mets mon temps et mon espace,
À préparer le feu, la place,
Pour les humains de l’horizon,
Et les humains sont de ma race.”

Peut-être auriez vous mieux aimé que je puisse me taire. Pour ma part, je vous lirais dans les commentaires… ou ailleurs sur la blogosphère.

Écrit un soir de certitude avec une certaine latitude d’attitude et d’hébétude. Dans un moment de solitude teinté de sollicitude et sociétude.

Repenser l’éducation à l’ère de la société de l’information en réseau

Hier, François Proulx me recommandais un cours offert (gratuitement et en accès public) par le MIT sur “Introduction to Copyright”. Le sujet m’intéresse vivement, alors j’ai téléchargé ça et j’ai commencé à l’écouter en marchant hier soir (vous pouvez retrouver le clip à http://www.youtube.com/watch?v=zqtx0gA5K2s). Après 10 minutes, je me suis rendu compte que la densité de l’information et surtout le “flow” était tellement pas au niveau de mes attentes, vraiment trop lent et avec un trop bas niveau de pré-requis (connaissances générales). Pour faire un bon cours en-ligne, il ne suffit pas de filmer une classe. Il faut adapter le contenu au contexte d’écoute (et au niveau aussi je suppose). Je veux la version 30 minutes de ce deux heures, avec des liens pour de l’information complémentaire au besoin. Il faut repenser l’éducation à l’ère de la société de l’information en réseau. Tout un défi. Prochain sujet: le système de santé du 21ième siècle.

Slipping on the SOPASe faire passer un SOPA

Today afroginthevalley.com is in black, because the internet is too important to leave it at the mercy of a few American lobbyists.

The best Canadian page on the subject is on Michael Geist’s blog (with some specific national action items).Aujourd’hui, afroginthevalley.com est en noir, parce que l’internet est trop important pour être à la merci de quelques lobbyistes américains trop influents. Je saute dans un train déjà bien en marche, rien d’original ici, mais je me devais de le souligner.

La meilleure page canadienne sur le sujet est sur le blog de Michael Geist (avec quelques liens pertinents pour notre politique nationale).

Un souhait pour 2012

Petite non-résolution de 2012. Au lieu de dire (ou d’écrire): on devrait, je pourrais, j’aimerais bien mais, si j’avais le temps, me semble que… faire.

Livrer. Encore plus et mieux. Calmement mais résolument. Ne pas viser l’excellence théorique, mais se rendre au bout, imparfaitement, d’une idée, d’un projet, d’une lancée.

Lire, écrire, créer, coder, designer, réaliser, produire, financer, soutenir, enseigner, collaborer, accomplir. C’est ce que je nous souhaite en 2012.

En Entrevue avec Sylvain

Si j’avais le temps, au lieu de faire des vidéos à la sauce “Bref“, je ferais un pastiche d’En audition avec Simon. Ça s’appelerait “En entrevue avec Sylvain” et ça mettrait en vedettes des entrepreneurs et des geeks de la scène locale.

Du monde cool mais qui seraient mis en scène avec les pires lignes que j’ai entendues dans l’année, soit dans des pitchs ou dans des entrevues pour un travail. Ça serait méchant, cynique et très drôle.

Maintenant que vous vous en êtes fait une scène dans votre tête, je considère que j’ai fait ma job, aucune chance que je réalise ça pour de vrai… mais vous pouvez toujours partager les pires phrases de l’année de votre univers internet dans mes commentaires, ça c’est pas trop forçant.