Notman, OSMO, Real Ventures et moi (et vous). Support Notman House!

J’ai beaucoup de choses à vous raconter. Mais aujourd’hui je vais me concentrer sur un sujet en particulier: la maison Notman, un projet de la fondation OSMO.

Premièrement, si vous vivez en dessous d’une roche ou que par hasard je ne vous ai pas assez tweeté, facebooké ou courriellé sur la présente campagne de socio-financement du projet Notman, voici par la magie des iframes, un récapitulatif de la campagne en cours (à droite) et un vidéo (ci bas).

Sommaire exécutif (TL;DR): C’est vraiment difficile de bootstrapper un OSBL comme un startup, ça prends des individus qui s’y donnent à fond et ce sont ces individus qui donnent le ton, mais ça ne fait pas pour autant d’un projet communautaire un projet corporatif. Il me semble que c’est assez simple, mais il se pourrait aussi que l’esprit de collaboration et d’entraide qui nous habite soit moins répandu que j’aurais espéré…

On a besoin de votre aide (par ici pour supporter la cause)!

C’est justement ça le sujet de mon billet d’aujourd’hui. On. A. Besoin. De. Votre. Aide. Tout simple.

Mais j’ai un problème. En fait pas moi. Mais ça me concerne. Je vous partage ça à chaud, là. Aujourd’hui, je me suis fait dire (sur facebook, ou d’autre, et même deux fois) que le projet de la maison Notman c’était un projet d’un OSBL “louche” et/ou “sombre” et qui n’était pas vraiment un projet de communauté. J’ai failli péter une coche. J’ai répliqué texto, deux points j’ouvre les guillements, je me cite moi-même:

“Sombre OBNL? Une chance que j’ai mon filtre à profanité d’activé sur mon cerveau parce que ce qui s’en allait vers mes doigts pour le clavier c’était pas ben beau… Sérieusement, est-ce que quelqu’un a vraiment des problèmes à contacter OSMO pour éclaircir certains points?”

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Il y avait d’autres détails et d’autres discussions, et puis je n’avais pas trop envie d’être sur facebook parce que le président de twitter n’arrête pas de passer en arrière de moi et que j’ai l’air pas sérieux quand j’ai facebook d’ouvert sur mon écran de même, mettons, et que je n’ai pas vraiment envie d’expliquer toute la politique et les efforts et que si d’autres trouvent que ce n’est pas un bon projet, je vais m’en caaaaaalisser et toute leur dire de manger de la maaaaarde (sur un air de Lisa Leblanc) et que je vais bien faire mes affaires comme je veux je ne dois rien à personne, estie.

Mais non. Comme le disait un ami sage qui jadis était mon frère d’arme dans un startup précédent: perception is reality. Si certaines personnes pensent que OSMO c’est louche ou sombre, ils ont probablement de bonnes raisons, de leur point de vue en tout cas, ils ne sont pas cons (je n’assume jamais ça de personne, faut vraiment me le prouver à répétition avant que je ne pense ça de quelqu’un).

Donc pour faire une histoire pas si courte, j’ai décidé de vous écrire ce billet. Comme quoi, ça aura eu du bon, ça fait des lustres que je néglige cet espace d’écriture publique. En fait ça devrait être le sous-titre “je n’écris pas souvent ici mais quand ça arrive c’est parce que ça doit être important”. Un instant, je vais aller changer mes configurations de wordpress (pas vraiment, j’aime bien “I am worse at what I do best” de Nirvana, c’est à peu près la même chose)”

Ok donc. On. A. Besoin. De. Votre. Aide. Tout simple.

On. C’est qui ça “On”? C’est la fondation OSMO, qui veut dire osmose ou OS MOntréal ou Open Source Magie Oblige (ok, pas vraiment le dernier) mais dans l’esprit de la chose, c’est un effort concerté depuis plusieurs années pour mettre en place un organisme qui vise à faire collaborer les autres organismes et individus de l’écosystème techno/internet/startup de Montréal (et mobile/jeux/commerce aussi, mais ça commence à faire long, disons).

Ça ne remplace pas l’Alliance Numérique qui fait sommes toutes un bon boulot pour représenter les acteurs (compagnies) établies auprès du gouvernement (beaucoup) et du marché (un peu). Ça ne remplace pas les services d’aide au jeunes entrepreneurs (SAJE) ni les différentes organisations d’entrepreneurs (au sens large) ni non plus les espaces de co-travail (co-working) qui existent déjà et qui font un bien immense à cette ville.

Ça vise à reprendre l’esprit du premier BarCamp de 2006, des StartupCamp et du festival du startup, mais dans une continuité incarnée dans un lieu. Un hub. Je dis souvent que c’est facile d’expliquer l’impact de l’industrie du jeu à Montréal en montrant la bâtisse d’Ubisoft au coin St-Laurent et St-Viateur. Ça paraît. De la brique. 2000 employés (genre). Mais en web, internet startup, au lieu de 5-10 compagnies de 100 à 2000 personnes (plus 500 de 1 à 10) on a plutôt l’air d’un nuage intangible, 1000 petites compagnies et 2-3 “moyennes” qui montent en haut de 50 employés.

Si je retrouvais le lien vers ma présentation au Pecha Kucha je vous mettrais ça ici là. Ah ben tien, voilà (diapos 5 et 6 pour illustrer le propos). Aussi notez bien l’utilisation de “héritage bordélique” comme effet de style et de sens.

Mais je prends des détours sans fin pour vous dire ce que je veux vraiment vous raconter. “On” c’est la communauté de tous les gens qui ont passé par notre “beta test” de la maison dans la dernière année. Le calendrier est assez impressionnant. Faut le voir pour le croire. Ce sont les groupes d’utilisateurs, les passionnées, du UX au Ruby en passant par le Javascript et tout ce qui va autour. Des cafés “ouverts” le mercredi matin pour se raconter entre 4-5 entrepreneurs ce qui fait mal, ce qui est normal et ce qui est fatal. Des hybrides géniaux d’entreprises communautaires techno comme Ile-Sans-Fil qui s’y nichent.

Des bénévoles, des personnes, des compagnies, de Montréal, de Québec, de Toronto, de Vancouver, des américains, des français de France, ben oui, du monde de New York pis de San Francisco et de Seattle et de Baltimore. D’Espagne, d’Irlande, d’Écosse, du Brésil. Des gars, des filles, des hommes, des femmes, des jeunes, des plus vieux, des vieux (de 40 ans même). Des financiers et des financés. Des jeunes pousses pleines de promesse et des cheveux gris plein de sagesse (enfin, on espère). Je suis vraiment très fier de cette diversité.

Je voudrais nommer des gens mais j’ai vais en oublier, il est tard en plus. Les résidents de Notman de la première heure, quand c’était encore un peu crade d’être là. Greg, Gabriel, Ildar, Heri, Karel et toute cette gang. Phil Telio, Alan Macintosh et John Stokes sur le CA de OSMO avec moi. Bruce McNiven et le support indéfectible d’Héritage Montréal. Mais je veux conclure en vous parlant de John. Il ne va pas aimer ça, il est comme ça, c’est sa retenue et son flegme british (il peut être brash et picky aussi, surtout s’il investi dans votre compagnie)…

C’est important parce qu’au m’a dit qu’entre autre, ce projet là, c’était pas clair si c’était le projet de Real Ventures ou de Founder Fuel, ou de OSMO ou de la communauté (est-ce qu’elle existe vraiment?) ou quoi.

Alors, un jour, quelque part en 2007 alors que j’étais à tenter de boucler ma première ronde de financement pour Praized, je rencontre ce gars qui vient d’arriver en ville et qui a des idées bien arrêtées, des très bonnes questions sur notre modèle d’affaire mais qui surtout m’est bien recommandé par des gens à qui je fais confiance. Et il a presque financé ce projet, mais pas réussi parce que son fond (Montréal Startup) n’était pas encore prêt et que nous on était plus que prêt et qu’on avait besoin d’argent.

Mais il nous a fait des intros, revisé, commenté notre pitch, offert sa perspective et un moment donné m’a confié qu’il avait “un autre projet” à jaser avec moi autour d’une bière. Cette idée, entre autre issue de l’émergence de Y Combinator et de Tech Stars mais aussi de cette compréhension qu’on existe en réseau plus qu’en silo, qui n’avait pas de nom mais qui était représenté par un genre de diagramme de venn de nerd, ça m’a fait ben du sens comme qu’y disent.

Et puis, de fils en aiguille, sans anguille sous roche, cette idée d’acheter cette maison, historique, centrale, abandonnée, pour “disrupter” le statut quo et “enabler” les forces vives, cette idée de jardin et de terreau fertile, cette incarnation d’un esprit dans un lieu que j’aurais aimé voir plus tôt, où j’aurais aimé prendre mon envol quelque années plus tôt, ça me semblait vachement bien.

Mais pas juste un peu bien là, vraiment très très bien. Parce que ça manquait. Parce que c’était ça qu’on avait besoin. Parce que de se hacker un potentiel de réseau vivant, de shimmer l’univers des possibles avec un peu d’huile de coude, de se gosser comme un avenir solide de type collaboratif genre 21ième siècle, ça faisait juste de l’allure! Je me prends tu pour un Fred Pellerin de la techno là ou ben quoi?

On. A. Besoin. De. Votre. Aide. Tout simple.

Non sérieux. On a travaillé super fort dans les dernières années pour aligner tout ça. Faut que ça arrive. Et j’ai besoin de vous. En plus, je suis loin. Pas facile. C’est ma décision, mais mon coeur est encore, et toujours à Montréal.

Alors, j’ai, nous avons, besoin de vous. S’il vous plait. Ça vaut la peine. J’ai quasiment envie de vous dire que faire de nous “comme un grand peuple” ça se fait ensemble. Dans la diversité, l’entraide, le soutien. Avec effort, tremblements, inquiétudes et doutes. Mais surtout ensemble. Me semble. Ça se peut?

Merci de m’avoir lu. Ça m’a fait du bien de vous écrire.

Short story: we need your help. Check this out.

I have a much longer post (rant?) on this topic in French.

Le cœur a ses raisons, que la raison ne connaît pointMy Way

Une des fonction essentielle de ce blogue (depuis plus de 10 ans!) est de servir à relater en public ma carrière et mon état professionnel. Sachez qu’à partir de vendredi cette semaine, je ne serais plus employé de ma propre compagnie, Needium. D’un commun accord avec mon co-fondateur et frère d’armes Sébastien, nous avons remis notre démission au conseil d’administration (vous pouvez lire sa version ici).

J’ai eu la chance d’explorer cette fascinante intersection du local et du social depuis l’été 2006. Initialement de manière informelle et en septembre 2007 de manière très sérieuse, avec des contrats long comme ça, des avocats à 600 piasses de l’heure et surtout les moyens de nous entourer d’une équipe extraordinaire pour refaire le monde, un clique de vote à la fois (des années avant les désormais célèbres likes et checkins).

On a eu le privilège même d’être full zeitgeist il y deux ans et on a fait un pivot avec notre startup, de Praized à Needium. Ça aura été un trip de 5 ans complètement hallucinant. Si c’était à refaire, je le referais n’importe quand (mais pas demain matin, je me donne quelques semaines pour reprendre mon souffle un peu). Le plus intéressant dans tout ça, n’est pas documenté dans les médias sociaux. Ou peut-être, pour ceux qui nous connaissent assez bien. Si la vraie vie c’est dans le gris, c’est aussi entre les lignes quelle se lit.

Nous ne sommes plus à l’ère “d’un bon boss pis d’une job steady”. C’est parce que je suis essentiellement rebelle et fonceur que j’ai décidé il y longtemps que je serais mon propre patron et que je prenais ces risques. Je ne compte plus les compagnies ou j’ai été co-fondateur (c’est faux, le vrai chiffre c’est 3 ou 4, selon qu’on considère Needium séparé de Praized ou non). Il y en aura 3 ou 4 autres c’est certain. Je suis aussi aviseur de quelques projets de startups de Montréal avec beaucoup de potentiel, ce sont quelques belles opportunités pour contribuer et collaborer à l’écosystème. Mais ça reste quelques heures par mois, au maximum.

J’ai plein d’énergie. Des mots à écrire, du code à partager sur github, des nouveaux projets à imaginer, à créer. Je demeure actionnaire d’une compagnie dont je suis extrêmement fier, ces cinq dernières années ont été pour moi des plus enrichissantes. Je sors de cette ride de montagnes russes exalté et un homme meilleur, à tout points de vues (pour citer Sébastien). Mais la réalité des entreprises en croissance, c’est que la phase d’idéation, de création et de construction d’une plate-forme technologique n’en est pas la finalité. Au contraire, c’est juste la première étape. Il faut y imbriquer le modèle d’affaire, mettre en place les ressources pour croître, rapidement si possible. C’est fait. Ça roule. Ça vends. Ça croît. Mais avec un peu de recul, je me suis demandé quelle était ma place dans tout ça et bien honnêtement je m’y retrouvais de moins en moins.

Le plus difficile en quittant cette aventure extraordinaire, c’est de devoir dire adieu à des collègues et des amis. Une des leçons de gestion que j’ai apprise à mes début (chez Public Technologie Multimédia, par Jean-François St-Arnaud, un de mes premiers mentors), c’est qu’il faut s’entourer de gens meilleurs que soit. Que de toute manière, il y a toujours plus à faire dans une compagnie, si on s’entoure le mieux possible, on ne devient pas caduque, au contraire on se multiplie. C’est ce qui est arrivé chez Praized et Needium. Ce que je suis devenu, ce que nous avons réussi, c’est au travers des efforts et des bons coups les uns des autres, je les remercie du fond du coeur.  Les liens que nous tissons autour de nous sont les traces les plus durables de notre passage.

De manière très consciente, j’ai voulu mettre en place l’architecture de la compagnie tout autant que celle des plateformes, et bien malgré moi, cette vaste cathédrale que nous avons érigée n’est plus le bazar qui me fascine et me passionne tant… Je suis certain que Needium aura un succès commercial à grande échelle, avec le temps (et les moyens). Mais je m’ennuie de coder. D’écrire. D’inventer. Je ne suis pas un homme d’affaire, je suis un maker, un gosseux dans l’code, un patenteux avec du duct tape pis des serveurs dans le cloud, un geek à plume qui a le blues des réunions dans un salon avec un tableau blanc sur pattes et tout à créer. Une de mes (para)phrases préférée de 2011 est de Chris Dixon, un entrepreneur new-yorkais: “everything that has not yet been disrupted by the internet, will be“. J’entends bien faire ça au cours des prochaines années.

J’ai plein de trucs à vous raconter qui ne se racontent pas sur internet. On ira prendre quelques bières. Je suis très serein et d’un calme déconcertant pour un gars d’ordinaire si volubile. Cue Édith Piaf: Non, rien de rien, je ne regrette rien. Je le répète, ce furent des années fantastiques. Il y a une métaphore de bateau pirate qui devrait me servir de conclusion, mais je vous la garde pour le prochain billet… d’ici là, vous savez ou me retrouver, comme d’habitude, sur internet, ici et ailleurs. Je serais disponible après quelques semaines de repos (mérité). Mais faites moi signe, je suis curieux d’entendre vos idées. Je ne sais pas ou je vais me retrouver, j’ai une bonne idée de ce que je ne veux pas faire, mais je n’ai aucune idée de tout ce que je pourrais faire…

Vive le feu!

Cue Frank Sinatra (here’s the backstory and the lyrics). Or better yet, the Limp Bizkit version. One thing has been pretty constant with this blog (over the last 10 years): it’s my soapbox and it’s the best place to make these professional and personal announcements.

Next Friday will be my last day at Needium. I have resigned from my own startup. Seb is also announcing the same thing on his blog. We decided together that after building two startups in 5 years (Praized, then Needium) it was time for us to move on, to set sail for new and unexplored seas.

The great thing when you build a startup, when you architect your company as much as your platform, is that given the time and the means, these things scale, mature and somehow get a life of their own. I am really proud of what we have collectively built in those 5 years. It was a fantastic roller coaster ride (ask any startup founder about it). I had the privilege to work with an awesome team. I wish them the best of luck going forward.

Our company is now at another phase of it’s life, it’s all about sales, revenues, market share. As a shareholder, I hope to see it grow and continue scaling in this emerging social media market for SMBs. But as a maker, hacker, thinker, tinkerer, builder, as a geek artiste, I had to admit to myself that my heart was no longer in it. Over the last few months, I probably went thru the classic stages of grief… and now am completely at peace with this decision.

Starting next Monday, I will roam free for a while, then probably settle down… somewhere.

Between now and then, you know where to find me, I’m always on the internet. I will be looking for new challenges. I will be loosing sleep and obsessing about new things that needs to be solved, created, developed, shipped and iterated. Of course. I will also take a few well deserved weeks of vacations. Somewhere between two and six. Or not. Who knows?

I have also written a longer, more personal version of this post in French; Le coeur a ses raisons, que la raison ne connaît point. If you can’t read French, I would gladly share with you the nuances I added in this other version. But it would most likely require meeting in person (f2f) and the right atmosphere. Not *that* hard to make happen…

Le plan “nerd”?

La semaine dernière, il y a eu une discussion enflammée au sujet des startups d’ici qui partent vers le Chili sur le groupe Facebook “Montréal + Startups”. La nouvelle était que trois compagnies Montréalaises avaient été acceptées dans le programme d’incubation de “Startup Chili”. Ce programme offre 40,000$ ainsi qu’un programme d’accueil, espace de travail et du soutien aux entrepreneurs pour 3 mois aux compangies qui viennent s’installer au Chili pour cette période. NextMontreal.com a publié deux articles (en anglais) sur le sujet.

  1. http://nextmontreal.com/three-montreal-startups-joining-start-up-chile/
  2. http://nextmontreal.com/start-up-chile-is-a-great-experience-but-be-careful-too/

C’est assez similaire à ce qu’offre Founder Fuel à Montréal, et d’autres accélérateurs ailleurs (Y Combinator, Tech Stars, 500 Startups aux USA par exemple). J’ai eu la chance de discuter avec les gens de Startup Chili lors d’un de mes voyages en Californie et j’ai trouvé leur approche très intéressante. J’ai suggéré que la grande différence entre ce qui se fait au Chili et au Québec, c’est que là bas, ils ont décidé que l’entrepeneurship et la création de nouvelles compagnies en technologie, c’était une priorité nationale. Bien que la plupart des fonds disponible aux entrepreneurs Québécois soient à toute fin pratique issues d’argent public (via la Caisse de Dépot, etc) la gestion de ces fonds est du domaine privé.

Bien qu’il soit assez difficile de lever une ronde de financement pour sa startup, ça ne représente qu’une seule des facettes de ce qu’il faut réussir comme entrepreneur pour faire avancer son projet réaliser ses objectifs (c’est même optionnel, selon les types de projets). Il existe tout un écosystème à créer autour de l’entreprenariat technologique, des universités aux fournisseurs de services autour de cette “grappe” émergente. Qu’ont fait les gens du Chili? Ils ont engagé Steve Blank, un réputé professeur de Stanford et entrepreneur en série pour qu’il passe deux semaines avec eux afin de bien comprendre de créer un écosystème c’est très différent de simplement avoir du capital disponible (ce qui est très important mais peut-être pas le plus important).  Steve Blank raconte l’histoire sur son blogue. Les leçons qu’i en tire sont toutes très pertinentes et les parralèlles étonnants pour le Québec:

  1. Chile is trying to engineer an entrepreneurial cluster as a National policy.
  2. They’ve gotten off to a good start with a committed Ministry of the Economy.
  3. The universities are on board with passionate faculty and excited students.
  4. The country needs to build a deeper Venture Capital industry.
  5. Chilean core industries need to view entrepreneurship as an asset, and technological innovation as an opportunity to leap forward.
  6. Second chances are hard to come by in current Chilean business climate and culture.

Ce qui nous manque ici, c’est la volonté politique, le tout premier point. Je pense que le reste est déjà lentement en train de se mettre en place. Bien entendu, je prêche pour ma paroisse, je suis sur le conseil d’administration de la fondation OSMO qui pilote le projet de la maison Notman… Quand je lis la mission de Teralys: “Teralys Capital entend bien diriger l’industrie canadienne du capital de risque pour les entreprises spécialisées dans la technologie vers un avenir plus prometteur.” Je me dis qu’on a déjà entamé des pas dans la bonne direction.

Mais le milieu est disparate. Plusieurs organisations gravitent autour de la technologie, mais aucune spécifiquement pour les startups. Je crois qu’il est temps que ça change. Pour avoir entendu Jacques Bernier parler de sa passion pour l’entrepreneurship et les entrepreneurs, je me dis qu’on a même déjà des champions en place pour mener ce combat. Il ne reste qu’à catalyser les forces vives et décider collectivement d’investir dans un plan national (ou provincial). Puis-je suggérer “le plan nerd”? MAJ: L’article qui résume cette position est publié aujourd’hui dans La Presse.

Comment calculer les options pour un employé dans un startup?

J’ai reçu la question suivante par courriel, je me suis dis que la réponse (un peu éditée) serait un bon cas de CC:World… J’ai anonymisé le tout et utilisé des chiffres fictifs (et ronds) pour faciliter l’explication.

On cherche à embaucher un développeur pour notre nouveau startup, on a déjà un autre employé et un co-fondateur qui s’occupe de la technologie.

Cet employé demande 50k + 10k en options ou actions. Cependant il n’y a pas de valorisation encore et pas d’actions émises. Quel est le meilleur moyen de calculer des options et la valeur de ces options à ce stade-ci, c’est important dans la culture startup de pouvoir participer au capital de la compagnie de manière définie…

Voici ma réponse à cet entrepreneur (et à vous):

En fait tu peux lui dire que tu va lui offrir un nombre d’options qui est market pour son rôle, qui représente une juste valeur sur le marché. À part pour les co-fondateurs et quelques rôles clefs, comme des investisseurs ou des exécutifs qui arrivent plus tard dans la croissance d’une compagnie, il est de pratique courant d’émettre des options (plutôt que des actions). On jasera d’action communes, votantes, prioritaires et autres détails dans un autre billet…

Une bonne façon de calculer la valeur, c’est de faire un tableau des rôles et ensuite une échelle exponentielle (100/10/1/0.1). Un exemple simple:

  • Fondateur (2 ou 3): 25-40%
  • Employé Exécutif (senior, souvent arrivé tardive, 12-24mois + tard): 1-5%
  • Employé “lead” à la fondation (lead solide + expérience de startup): 0.1-1.5%
  • Employé “clef”  à la fondation: 0.05 à 0.1%
  • Autres employés: on va vous offrir des options après évaluation
  • Investisseur (1 à 3): 10-40% (toujours moins que les co-fondateurs, du moins dans la première et deuxième ronde si possible).

Ce scénario est typique dans le marché pour des startups financées par des VCs (voir cet excellent commentaire dans le non moins excellent billet sur les options en anglais de Fred Wilson). Si vous êtes en mode bootstrap ou seulement avec un premier seed de 50-250k ça s’applique moins bien…

Donnons nous un cas fictif  comme exemple, sur une base de 1 000 000 actions (approx) ça se réparti comme suit:

Co-founder: 250 000 actions (25%)
Lead (spécialité selon startup, 1 ou 2 max): 10 000 options (1%)
Employé: 1000 options (0.1%)

Donc dans le cas ci-haut, un range de 0.1% est pas mal le niveau du marché. J’ai simplifié la math avec 1Mil d’action en circulation, mais ça peut être n’importe quoi… Mais disons que pour débuter on va faire un financement sur 1 000 000 d’actions, et qu’on va aller chercher 1Mil$ pour 25% de la compagnie (4Mil post funding) donc la valeur des options de cet employé (rough) est de… 4000$ (c’est aussi son strike price). Mais bien sûr, l’investisseur veut au moins doubler sa mise, ou faire 10x, donc ça peut valoir 40K… si tout va bien!

Donc 10K en options, c’est beaucoup si ce n’est pas un lead avec l’hypothèse que j’émet. En même temps, c’est très tôt pour caller ça. Je balancerais ça avec des objectifs personnels aussi, selon les intérêtes de cette personne, ce qui pourrait être plutôt des dépenses de compagnies que de l’équité (ça dépends du rapport que tu veux établir avec cette personne). 

Si jamais vous êtes dans la situation inverse (l’employé en question et pas l’employeur), Venture Hacks a aussi un très bon recap (encore en anglais): http://venturehacks.com/articles/job-offer.

Je me suis tellement cassé la tête avec ça au début de Praized, je suis content que ça puisse être utile!

Question subséquente: Que faire si on a pas encore émis d’actions, si on est pas encore financé?

Tu peux quand même discuter avec l’employé potentiel sur ce framework théorique solide selon moi, tant qu’on peut démontrer que c’est dans le marché. Il faut aussi parler de cédule de vesting (3-4 annnées) qui est assez typique. Tu peux mettre dans le contrat que ce point est un livrable conditionnel d’ici 3 mois (et que si ce n’est pas livré il est libéré de son contrat) ou quelque chose du genre. Toujours avoir un contrat signé, détaillé avec tous les employés et contractuelles. Les paroles s’envolent et les écrits sont retrouvables par recherche de mots clefs (même des années après).

Note: je ne suis pas un avocat, ni un fiscaliste, donc prenez mon avis comme une direction pour assister votre réflexion et consultez les spécialistes appropriés pour faire vos documents officiels!

Si vous avez des commentaires ou d’autres questions, les commentaires sont là pour ça!

MAJ: Fred Wilson a publié un bon billet de suivi sur le sujet.