Concentré d’essence de carnets

Un article publié il y a quelques années (je dois retrouver la date quelque part) sur l’essence des carnets, des blogues. Une tentative de définition du format, du média, de la culture construite autour des carnets.

Une tendance de fond

Quand la plupart des grand quotidiens ont publié un article d’introduction sur une tendance qui est 100% internet, on a une bonne idée que c’est une vague de fond, si ce n’est un phénomène social. Commerce électronique, Messagerie instantanée, Napster et maintenant les weblogs en sont tous des exemples. Quand mon rédacteur en chef m’a assigné la tâche de vous parler des carnets (néologisme francophone que je préfère de loin au terme weblog)… Je me suis demandé quelle pourraît être ma contribution, sans recycler les même rengaines déjà publiées sur pulpe ou électrons.
Been there, done that

Voyez vous, je suis un carnetiste aguerris. J’ai deux ans d’archives quasi-quotidiennes pour le prouver et mon carnet est le lien numéro un sur Google quand vous cherchez pour le terme “weblogs” dans les pages francophones. Bien que je me réjouisse que les carnets gagnent en popularité, les articles que j’ai vu m’ont pour la plupart laissé sur mon appétit, parce qu’il ne réussisent pas à saisir l’essence même des carnets, ce qui en fait l’attrait. Sachant qu’aucun article ne peut vraiment reproduire l’expérience des weblogs, voici quand même mon concentré, infusé à l’huile de minuit et distillé par la perpective des plus de 2000 billets postés dans les deux dernières années…


La forme

La facture classique des carnets se reconnait en un cin d’oeil: 2 ou 3 colonnes, calendrier et liens vers les archives, série de billets plutôt courts, titres, liens et date/heure. Ordre chornologique inversé, possibilité de commentaires (parfois) et minimalisme graphique. De plus en plus de carnets affichent aussi une liste d’amis, de références ou de préférés. Les plus sophistiqué ont intégré un engin de recherche, une version RSS (un peu plus à ce sujet dans quelques instants) et des liens du code pour faire un suivi des sites qui leur envoi des visiteurs. Les plus créatifs assaisonent leurs mots d’un design distinctif, mais la grande majorité se concentrent sur les mots et c’est très bien ainsi!

La voix

La caractéristique essentielle d’un bon carnet, c’est le ton. La première constatation à la lecture d’un carnet, c’est qu’il y à quelqu’un derrière. Sinon, désolé pour ceux qui voulaient émuler le format pour d’autres fins, ce n’est pas un carnet. C’est un site web. Sans voix, le carnet est creux. Sans voix, il est sans intérêt. Pas intéressant pour tous, au contraire, intéressant à ceux qui se reconnaissent dans la voix entendue. Oubliez le broadcasting, les carnets font du narrowcasting. Les carnets sont l’incarnation même du Cluetrain manifesto.

L’interconnection

Nous avons des propos publiés, nous avons un format, nous avons un ton, qu’est-ce qui manque? Des lecteurs! Et ou trouver des lecteurs? Sur nos carnets préférés! Les carnetistes fraient en grappes d’intérêts, les technobsédés, les politicaillisés, les antitout, les ados indolents… Votre voisin de carnet est aussi près de vous qu’un hyperlien. Une des meilleure façon de se faire remraquer, c’est de placer un lien avec un extrait pointant vers un carnet qui vous inspire. La reste, comme les disent les amerloques, is history (control-H avec netscape ou mozilla)! Un autre moyen très efficace est de fournir son carnet en version RSS, un format de syndication XML très prisé par les lecteurs assidus de carnets. Le sujet des aggréteurs de nouvelles, outils spécialisés pour faire la lecture des fils RSS. Je vous en reparlerais plus ne détail, cace sujet mérite son propre article, n’est-ce pas M. le rédac en chef? ;-)
L’interaction

Puisque que les carnets comme autant de porte-voix, une bonne partie de l’expérience provient de l’interaction entre carnetistes. Un des aspects qui a grandement contribuer à l’explosion des carnets est la facilité de publication. En général, on peut créer son carnet en 10-15 minutes sur un système complètement accesible par le web qui ne demande que la capacité de remplir quelques formuaires. Votre carnet devient partie intégrale de votre personnalité en ligne, point de départ et d’arrivée de mulitples conversations. J’ai reçu nombre de courriels tous plus intéressants les uns que les autres simplement en posant une question à voix haute sur mon carnet. J’ai aussi la joie de pouvoir répondre sur mon carnet à des questions qui m’ont forcées à approfondir ma réflexion ou à apprendre à mieux exposer mon raisonnement. Une chose est certaine, je ne m’en passerais plus!

La suite

Il reste plusieurs points que j’aurais aimé aborder, après le Quoi j’aime bien m’occuper du Comment. Les outils, les méthodes, les techniques d’écritures, la culture de l’hyperlien et de la citation, les blogrolls, les systèmes de commentaires, le code des gabarits, les feuilles de styles, autant de sujets potentiels pour passer de la théorie à la pratique.

Les conversations entre humains sonnent de façon humaine. Elles sont menées sur un ton humain. Que ce soit pour discuter d’information, d’opinions, de perspectives, d’arguments opposés ou humoristiques, la voix humaine est typiquement ouverte, normale, et naturelle. Les gens se reconnaissent entre eux grâce au son même d’une telle voix.

Citation finale tirée du Cluetrain Manifesto.

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